Trois mois après sa nomination à Matignon, Michel Barnier pourrait quitter son poste de Premier ministre après le vote ce mercredi après-midi d'une motion de censure déposée par l'alliance de gauche du Nouveau Front Populaire. « Cela pourrait entraîner du chaos au chaos » selon le parlementaire gersois, Jean-René Cazeneuve.
Se dirige-t-on vers la fin -précipitée- du gouvernement Barnier ? Les dés sont jetés, les députés votent en ce moment la motion de censure déposée par le groupe du Nouveau Front Populaire après que le Premier ministre, installé à Matignon depuis seulement trois mois, a décidé d'engager la responsabilité du gouvernement sur le projet de loi de financement de la Sécurité sociale par l'article 49.3 de la Constitution. Un pari risqué, mais la situation ne « laissait pas le choix » au Premier ministre selon le parlementaire gersois de la majorité, Jean-René Cazeneuve. « Il a laissé le débat se dérouler très longtemps et fait évoluer le texte par rapport au budget initial. Nous avons besoin d'un budget pour notre pays. »
« Tout va s'aggraver »
Le Rassemblement National, groupe majoritaire à l'Assemblée qui a également déposé une motion de censure après celle du NFP, a annoncé voter celle de l'alliance de gauche. Un « mariage des contraires » selon le député gersois qui interroge. « Qu'est-ce qui relie LFI et le RN ? Est-ce que la chute de Barnier va changer le quotidien des Français ? Non. Les problèmes des agriculteurs ? Non. Les problèmes internationaux ? Toujours pas. Au contraire, tout va s'aggraver. Les gens veulent de la stabilité et je me dois d'être très sévère avec ces apprentis sorciers. Ceux qui rajoutent de la crise politique à la crise politique vont devoir regarder les Français dans les yeux et assumer » fustige le député qui voit dans le dépôt de ces deux motions de censure, des ambitions personnelles de Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen. « Ils veulent refaire le match de la présidentielle qu'ils ont déjà perdue trois fois. Et puis, quand on voit les propos de Manuel Bompard, les masques tombent ». Le coordinateur de la France insoumise avait réclamé la démission du président Macron. « LFI, c'est la haine de la police, de la justice et de la République. C'est ce qu'elle ambitionne de changer d'ailleurs... » conclut Jean-René Cazeneuve.
Le groupe LIOT, auquel appartient son homologue gersois David Taupiac, devrait pour la grande majorité ne pas voter la motion de rejet, selon nos confrères de France Info. « Le groupe Libertés, indépendants, outre-mer et territoires travaille à un gouvernement d'urgence nationale pour éviter l'arrivée des extrémistes au pouvoir (RN et LFI) » a déclaré Stéphane Lenormand qui préside le groupe au sein de l'Hémicycle.
N.M