Manifestation des soignants aujourd'hui à Auch : "On ne veut pas de médaille, juste des moyens"

Douze organisations syndicales de la santé et de l'action sociale et collectifs appellent à une grande journée de mobilisation* aujourd'hui, mardi 16 Juin. Alors que l'épidémie de Covid-19 régresse en France, l'intersyndicale espère enfin avoir des réponses aux revendications sociales qu'elle formulait bien avant la crise sanitaire. Entretien avec Christophe Bukovec de la CGT Santé. 

La crise semble s'adoucir et vous retournez dans la rue. La colère n'a fait qu'augmenter depuis?
 
Depuis plus d'un an les personnels des établissements de santé alertent sur la fragilité des services, faute de de moyens et mettant aussi la prise en charge de la population en danger. Parce que tout ce que nous réclamons depuis des mois n'aboutit pas, on appelle à la mobilisation sur le Gers et on décide de mêler dans cette mobilisation les personnels soignants mais aussi les citoyens qui souhaitent nous soutenir. On espère une "vague blanche" dans la rue. 
 
Finalement la crise a mis en lumière tous les manquements que vous dénonciez avant cet épisode?
 
Cette crise sanitaire a mis en lumière de nouvelles complications, c'est un événement qui reste quand même sans précédent. Elle a aussi montré que la fonction publique était essentiellle et donc l'accès aux soins. Tout ça nous conforte malheureusement dans ce qu'on revendique dans notre secteur depuis des années.
 
Est-ce que cette crise peut justement jouer un tournant dans ce que vous revendiquez? 
 
On y croit, même si on a souvent été déçu par tous les effets d'annonce. Notre président a reconnu les difficultés sur le secteur, les conditions de travail difficiles, les salaires trop bas. En ce moment se déroule le Ségur de la santé, il doit répondre à toutes nos problématiques mais on reste méfiant. On ne veut pas que ça se finisse comme pour les Gilets jaunes et que rien n'aboutisse. D'où la mobilisation de cet après-midi et il y en a d'autres qui vont suivre. On ne veut plus de mensonges. On veut que nos problèmes soient pris en compte, pour nous comme pour la population.
 
Cette population justement, elle vous a beaucoup soutenue pendant la crise. Elle peut jouer dans la balance? 
 
On veut d'abord les remercier pour les applaudissements chaque soir, c'est vrai qu'on a été chouchouté par ce capital sympathie. On aimerait qu'il perdure. Les gens ont pris conscience de l'importance du service public. On appelle les usagers à nous rejoindre, ça nous fera chaud au cœur. On ne veut pas être pris pour des héros quant à cette crise, on a juste répondu à notre mission de service public. On ne veut pas de médaille, de défilé, juste être entendus dans nos revendications. 
 
*Le rendez-vous est fixé en bas de l'hôpital d'Auch (côté Norauto pour ne pas gêner la circulation) vers 14h.