Lieutenant Guy Cavillon : « On demande aux gens de nous aider à sauver des vies »

Mardi matin, un homme de 80 ans trouvait la mort au volant de son véhicule à Mirande des suites d'un malaise. Malgré la réactivité des témoins qui se sont empressés de pratiquer un massage cardiaque avec la complicité du centre opérationnel départemental d'incendie et de secours, qui dans le même temps déclenchait l'application mobile "Staying Alive", la victime décédait. Un drame de la vie qui interroge sur nos compétences à réagir rapidement si l'on devenait nous-mêmes témoins d'une scène aussi dramatique qu'inattendue. En matière de premiers secours, la France est très en retard. Seule 20% de la population est formée aux gestes de premiers secours. Alors que certains pays de l'Union Européenne enseignent depuis des années les fondamentaux dans les établissements scolaires, et que d'autres les rendent obligatoires dans l'obtention du permis de conduire, le SDIS du Gers poursuit son travail d'enseignement sur le territoire. Principales cibles : les mairies et les écoles. « On fait une formation de deux heures autour de la protection, l'alerte, l’inconscience, l'arrêt cardiaque et l’hémorragie, précise le lieutenant Guy Cavillon du SDIS du Gers. Je travaille avec les enfants dès la grande section et maternelle sur l'alerte et la PLS. Plus ils grandissent, plus on augmente les compétences. On travaille aussi avec les mairies qui se dotent de Défibrillateur Automatisé Externe (DAE). Je forme le conseil municipal, les responsables d'associations et la population ».
 
Le citoyen, premier secouriste
A Mirande, le CODIS a tenu les témoins du drame de mardi au téléphone de longues minutes. C'est l'un des opérateurs qui s'est chargé de guider les apprentis secouristes le temps de l'intervention. Si ce jour-là, les efforts n'auront pas suffit à ramener l'octogénaire à la vie, les conseils des opérateurs portent souvent leurs fruits. « A Pavie il y a quelques jours, une dame a réussi à sauver son père, victime d'un arrêt cardiaque. Elle a eu le réflexe d'appeler directement les services et a pu permettre de maintenir l'individu en vie » poursuit le lieutenant Cavillon, qui encourage quand même la population à s'initier à la formation. « On demande aux gens de nous aider à sauver des vies ».
 
L'application du bon samaritain
Elle permet de mobiliser dans un périmètre rapproché toute personne attestant d'une formation aux premiers secours depuis sa création en 2016. L'application « Staying Alive », du bon samaritain. On en recense une centaine dans le Gers, bien loin du chiffre de 1 000 qu'entend atteindre le colonel du SDIS 32 Jean-Louis Ferres. Mardi, un pompier de Seïssan qui travaillait dans le secteur s'est retrouvé sur les lieux du drame avant l'arrivée des pompiers de Mirande et du SMUR Auch. « Les pompiers ont un délai d’intervention de 13 minutes en moyenne et le premier maillon est le secouriste citoyen. Vous avez 8% de chances de vous en sortir si vous faites arrêt cardiaque, et chaque minute qui passe augmente votre risque d'y rester. Il faut développer l'activité secourisme, notamment au niveau des jeunes ».
N.M