Le centre médico-psychologique d'Auch va devoir composer avec deux médecins en moins à la fin de l'année, les soignants tirent la sonnette d'alarme

La fièvre ne retombe pas au sein du centre hospitalier spécialisé d'Auch (CHS). Une dizaine de jours après l'envahissement de l'Agence Régionale de santé d'Auch, par plusieurs dizaines soignants, clamant leur colère face au manque de moyen humain et matériel au sein de l'établissement, une délégation de personnels soignants et des représentants de la CGT de l'hôpital spécialisé ont rencontré, hier en fin d'après-midi, le Préfet du Gers, Xavier Brunetière, et le directeur de l'ARS 32, Didier Pier-Florentin. Une entrevue cette fois-ci planifiée, dans un climat un peu plus apaisé, mais avec des problématiques toujours identiques, notamment autour du Centre-médico psychologique (CMP), au coeur des discussions.

"Les rendez-vous vont être de plus en plus lointain pour les patients"

Cette unité du centre hospitalier spécialisé, proposant des consultations médico-psychologiques et sociales à toute personne en difficulté psychique et chargée d'orienter les patients vers des structures adaptées, fait l'objet de vives inquiétudes ces dernières semaines chez les soignants. En cause le départ d'ici la fin de l'année de deux des quatre médecins du service. Une situation laissant craindre chez les soignants des problèmes importants de prises en charge des patients à venir dans les prochains mois et une dégradation de leur condition de travail. C'est ce que tient à dénoncer Claire*, infirmière au CMP. 

"Il y a un manque criant de personnels et ça depuis un certain temps. Mais là, la situation s'aggrave. Sur quatre médecins présent sur le CMP d'ici décembre il n'y en aura plus que deux. Les conséquences c'est que si quelqu'un a besoin de soins, ou de venir consulter, les rendez-vous vont être de plus en plus lointain, voire à terme il n'y aura plus la possibilité d'accueillir de nouveaux patients."

"Une diminution des moyens pour la santé mentale dans le Gers", dénonce la CGT

Des moyens exceptionnels pour faire venir des psychiatres et des infirmiers au sein du centre hospitalier spécialisé ont été demandés au Préfet du Gers. Et il y a urgence pour Paul Legrand, infirmier et secrétaire de la CGT au CHS, car la situation est jugée "préoccupante".

Pour l'heure, les représentants CGT de l'hôpital spécialisée n'ont pas décidé des suites du mouvement. Mais si, aucune solution n'est apportée dans les prochains jours, le syndicat n'exclut pas une nouvelle journée de grève et de manifestation.

*  le prénom a été modifié 

E.R