La chanteuse fleurantine Céline Aviani s'engage pour la jeunesse

Son dernier titre, SOS, une jeunesse en détresse, est disponible sur les plateformes d'écoute, son premier E.P. devrait faire de même d'ici la fin de l'année. La chanteuse gersoise Céline Aviani a le vent en poupe et souhaite lancer une bouteille à la mer autour de plusieurs thématiques.

Votre nouveau single s'intitule SOS, une jeunesse en détresse, une référence ?

Oui une référence à Daniel Balavoine qui était un immense artiste que j'aime énormément et qui a toujours eu un vrai engagement pour la jeunesse. On se rappelle d'interventions télévisées notamment. J'avais envie de lui faire un clin d'oeil à ma manière.

Un titre qui traite d'une thématique récurrente chez vous : la jeunesse.

J'avais vraiment envie de faire un titre qui aborde tout ce que traverse la jeunesse, le harcèlement, on sait aujourd'hui qu'il y a beaucoup de jeunes qui peuvent avoir des phobies scolaires, de l'anxiété, un rapport au corps qui est compliqué. C'est exprimer une forme de colère qui est aussi la mienne parce que j'appartiens à cette génération, je n'ai pas encore 30 ans, et j'avais envie de porter un message d'espoir à la fin de cette chanson.

On entend parfois des critiques sur un soi-disant « jeunisme » de la société française. Vous êtes d'accord ?

C'est tout l'inverse. Je pense que toutes les générations peuvent cohabiter ensemble et qu'on a tous les uns et les autres à s'apporter. Je pense que la jeunesse peut être un moteur, on est dans le mouvement et on a aussi à apprendre énormément des anciennes générations pour créer un équilibre et un monde encore plus positif et plus ouvert.

En plus de votre carrière de chanteuse, vous êtes aussi CPE (Conseillère Principale d'Education), un rôle pas forcément bien vu par les élèves.

Il y a cette image assez négative de quelqu'un qui fait un peu la police, qui n'est pas toujours très sympathique. Au contraire je crois que c'est un métier qui est tout l'inverse, qui est là pour accompagner les jeunes, garantir leur sécurité, leur épanouissement. On a le rôle de mettre en place toutes les conditions pour qu'ils puissent réussir leur scolarité et leur évolution personnelle. C'est un métier qui demande qu'on soit énormément à l'écoute et tout l'inverse du jugement.

Vous êtes CPE depuis combien de temps ?

Ca fait sept ans que je suis CPE et depuis trois ans je fais de la gestion de crise dans l'académie de Créteil. On est une équipe pluridisciplinaire qui intervient dans les établissements quand il y a un problème, on vient soutenir les équipes et mettre en place des cellules d'écoute. J'ai ce regard à la fois par la musique avec beaucoup de retombées sur les réseaux sociaux de jeunes qui m'écrivent pour me raconter ce qu'ils vivent et il y a aussi ce regard de société où je vois un peu les problématiques sociétales que rencontre la jeunesse de manière plus large et ça renforce mes convictions.

Vous avez des retours de jeunes ?

Ca passe beaucoup par les réseaux sociaux parce que j'y suis très active, beaucoup de jeunes m'écrivent en privé pour me dire qu'ils ont été touchés par ma musique et la parole que je porte. Donc c'est très important de comprendre ce qu'ils vivent et continuer de la porter plus largement.

Au niveau local dans le Gers, vous avez des retours de jeunes ?

Ca m'est arrivé d'avoir des jeunes du Gers qui m'ont écrit, j'ai même des jeunes qui sont venus me voir en concert à Nogaro, et des familles. Le fait de parler aux jeunes c'est que les parents écoutent. J'ai un projet d'album par la suite très large en termes de thématiques, du coup il y a même des familles qui sont touchées, notamment une famille qui me suit énormément à Nogaro, celle d'Enzo et d'Elsa. J'ai vraiment à cœur de parler aux parents et un titre comme SOS est là pour permettre aux jeunes d'aller dire des choses à leurs parents.

Vous voyez les mêmes problématiques dans le Gers et en Ile-de-France ?

On les voit vraiment partout. La différence c'est que des fois dans la ruralité, je ne sais pas si c'est l'isolement un accès au planning familial ou aux autres structures qui est peut-être plus difficile que dans des régions plus urbanisées, plus à Paris que dans un petit village du Gers.

Une certaine pudeur peut-être ?

Il y a ça aussi. Je pense qu'il y a un vrai travail à faire d'urgence de prévention et de sensibilisation sur tous les territoires.

Ce dernier titre, c'est votre combientième ?

Le sixième, pour le moment ce sont des titres en individuel mais par exemple ce titre et le précédent vont rentrer dans mon premier E.P. Comme je suis artiste indépendante c'est moi qui produit ma carrière du coup en termes de stratégie je préfère choisir faire single par single pour avoir une marge de manœuvre plus grande en temps qu'artiste-productrice.

Côté notoriété ?

Ca commence, j'avais eu la chance d'être dans la vidéo du youtubeur Squeezie il y a quelque mois, dans son concept l'imposteur et ça avait commencé à me donner une belle visibilité et de rencontrer plus de public. C'est appréciable parce que j'étais l'invitée de France 2, je vais avoir un reportage sur France 3 Occitanie, il y a des choses qui commencent à grandir.

Pour la suite, à quand votre album dans les bacs ?

  1. Il sera disponible en totalité d'ici la fin 2024, il y a des titres enregistrés à Astaffort avec la famille de Francis Cabrel. Un nouveau monde, le clip va arriver et c'est une chanson enregistrée dans les studios de Francis Cabrel. Avec celle qui a bossé sur le dernier album des Trois Cafés Gourmands, qui bosse aujourd'hui avec Agnès Jaoui. On s'est très très bien entendu. Après il y aura un deuxième EP qui va vraiment parler de la Gascogne, de mes racines gersoises, je veux tenir tout un propos autour de l'agriculture, de mon rapport à la terre parce que c'est mes origines. Tout un propos aussi autour des patois et des langues régionales.

Vous parlez occitan ?

Je ne le parle pas mais je pense que je vais m'y mettre. En tout cas mes grands-parents parlent le patois gascon, ou l'ont parlé dans leur enfance. J'ai vraiment à cœur de mettre en avant ce que j'ai observé en étant petite-fille et arrière-petite-fille d'agriculteurs et de paysans.

Toute votre carrière musicale est très locale, entre le Gers et Lot-et-Garonne donc.

Il y a ce côté très artisanal dans mon parcours parce que je fais tout toute seule, mon co-manager est du Lot-et-Garonne et donc il y a vraiment un ancrage dans mes racines. Je pense que la manière dont je fais ma musique aussi est très liée à cet héritage, à là d'où je viens.

Crédit photo : Aurélie C. Studio (Facebook Céline Aviani)

V.M