IVG, antibiothérapie : la santé gersoise en ordre de marche

Le Centre Hospitalier d'Auch muscle sa communication. L'établissement de santé gersois tenait dernièrement deux points presse sur des thèmes d'actualité : l'Interruption Volontaire de Grossesse (IVG), dont le droit d'accès a été constitutionnalisé le 4 mars dernier, et l'antibiothérapie, près d'un an après la création d'une équipe multidisciplinaire  spécialisée dans le département.

Son passage devant le Congrès a remis l'IVG au cœur de l'espace public. L'occasion pour le CH d'Auch et l'Agence Régionale de Santé de battre le fer à chaud et de rappeler, en compagnie des autres acteurs du monde de la santé (centre d'information sur les droits des femmes des familles, planning familial, promotion santé Occitanie, ordre national des médecins, ordre des sage-femmes), que l'IVG reste accessible à toutes les Gersoises. Le tout grâce à un maillage territorial efficace :

Le but, comme l'explique le Dr. Véronique Lejeune-Saada, responsable du pôle mère-enfant au CH : « permettre à toutes les femmes d'avoir rapidement accès à un professionnel de santé qui saura les guider et les orienter ». « Soit leur professionnel habituel de proximité, médecin traitant ou sage-femme, soit, si elles n'en ont pas, les centres de planification ». Dans ces cas de figure, après consultation d'information et recueil du consentement de l'intéressée, les femmes souhaitant recourir à l'IVG ont jusqu'à la 9ème semaine d'aménorrhée (7ème semaine de grossesse) pour procéder, via intervention médicamenteuse (deux médicaments à 24 et 48 heures d'intervalle) à domicile ou en présence du professionnel de santé. Autre recours possible « 24h sur 24h », l'hôpital d'Auch, qui pratique aussi les IVG chirurgicales, possibles jusqu'à la 14ème semaine de grossesse.

« Le meilleur soin reste la prévention » rappelle Véronique Lejeune-Saada, alors que la fréquence des IVG reste relativement stable dans le département. Elle était de 13,4 pour 1000 femmes en 2022, soit 442 (78% sont médicamenteuses), en-dessous de la moyenne nationale située à 16,2.

Diminuer l'usage des antiobiotiques avec l'équipe multidisciplinaire en antibiothérapie.

Autre domaine dans lequel le Gers peut se targuer de faire figure de bon élève : le recours aux antibiotiques et la resistance bactérienne induite par la surutilisation de ces médicaments. Lancée l'an passé, l'équipe multidisciplinaire en antibiothérapie (EMA) du Gers est la garante de la bonne conduite des professionnels dans le domaine, alors que l'on considère aujourd'hui que près de la moitié des ordonnances d'antibiotiques sont inutiles ou innapropriées et pourraient faire des bactéries antiobiorésistantes une des principales causes de mortalité à l'horizon 2050. Dotée de deux infectiologues et d'un médecin généraliste, l'EMA a mis en place des référentiels de diagnostic, distribués auprès des professionnels libéraux ou au sein des Ehpad, particulièrement touchés par la surutilisation des antiobiotiques.

Selon le Dr. Sophie Arista, infectiologue coordinatrice de l'équipe, le rôle de l'EMA est de « prêcher la bonne parole » et les bons réflexes, comme le recours au test Trod qui permet de déterminer si une angine est virale – et donc non-traitable par antiobiotique – ou bactérienne. « Pour l'instant on n'a pas encore de recul pour savoir si nos actions aboutissent à une diminution de la prescription des antibiotiques. Ce qu'on voit par contre c'est qu'il y a de plus en plus de médecins de ville qui appellent sur notre ligne dédiée pour nous demander des avis. On est de plus en plus sollicités par les Ehpad privés avec lesquels on fait des conventions pour venir sur site et discuter avec eux de leurs problématiques. Je pense que petit à petit les choses sont en train de se mettre en place » conclut le Dr. Arista.

V.M