Le présumé voleur à main armé du Nouvel An à Auch ne sera pas condamné. Devant de nombreux vices de procédure lors de l'interpellation et la garde à vue, le tribunal d'Auch a prononcé la relaxe du prévenu lors d'une audience en comparution immédiate ce jeudi.
T.M., 21 ans, a du mal à garder le silence, malgré les récriminations de son avocat qui préfererait éviter de voir l'accusé compliquer une situation paradoxalement bien engagée pour lui. Déjà connu de la justice pour des faits similaires, le jeune homme est accusé d'avoir dérobé son sac à main à une femme d'une quarantaine d'années en la frappant au visage, le tout armé d'un couteau. Des faits qui remontent du 1er janvier dernier aux alentours de 12h30.
Si Me Roujou de Boubée tient tant à ce que son client se taise, c'est parce que les faits - auxquels s'ajoutent la possession de plusieurs pochons de stupéfiants - bien que faisant semble-t-il peu de doutes dans le fond, sont teintés dans la forme d'une procédure "vérolée à la base". Rapidement appréhendé par les services de police sans le sac ni le couteau, T.M. ne s'est pas vu présenter ses droits à temps. C'est à dire avant d'être amené sous la contrainte devant sa victime - qui le reconnait alors, comme elle le fera encore formellement lors de la garde à vue - et avant des aveux sur sa consommation personnelle de cannabis. Placé en garde à vue, il purge alors 48h d'isolement qui n'ont pas grand chose de valables juridiquement, en l'absence de notification au parquet au moment du menottage (une obligation), ou de l'absence de certificat médical permettant de prolonger de 24h la durée de la garde à vue.
Visiblement chamboulée par les violences subies lors de sa pause méridienne, la plaignante ne se renie pas et livre une troisième fois son agresseur présumé, qui loin de reconnaitre une quelconque culpabilité, préfère ergoter sur la couleur erronée de son cache-col dans la description des faits. Pour T.M., sans emploi et sorti de prison il y a moins de six mois, pas de doute, tout l'affaire n'est qu'une machination. Un problème de "faciès" des policiers qui le connaissent de longue date et qui l'ont interpellé non loin de la supérette L'Adour Express, dans un Auch bien vide en ce Nouvel An 2024. Un comportement qui fait dire à l'avocat de la défense, Me Mathias, "ce qui est plus nul que la garde à vue, c'est le comportement de cet homme". Mais la justice ne peut se soustraire à ses obligations et c'est la nullité de la procédure qui prend le pas sur toute autre considération. Alors que le ministère public avait requis 18 mois de prison, le prévenu sort bien libre de l'audience.
V.M