Les appels au don du sang se multiplient ces derniers temps en France et dans le département des Hautes-Pyrénées. L'écart se creuse entre la mobilisation des donneurs en baisse et les besoins des malades en hausse. La situation est critique dans les Hautes-Pyrénées selon le Docteur Pommier, responsable des prélèvement de sang sur le bassin des Pyrénées. Entretien.
Quel est le bilan des collectes menées ces derniers mois ?
Ces derniers temps dans les Hautes-Pyrénées, comme dans le reste de la région et de l'hexagone, les collectes ne marchent pas très bien et nous sommes loin des objectifs que nous nous étions fixés. D'où cet appel au don et le bulletin d'urgence vitale publié par l’Etablissement Français du sang la semaine dernière.
Nous fonctionnons avec un stock de minimum dix jours pour pouvoir subvenir à tous les besoins. Il est très important de venir donner si on veut maintenir les interventions programmées.
Quels sont les besoins en produits sanguins concrètement ?
Les besoins sont de 10 000 poches par jours sur l’hexagone et nous ne les atteignons pas. Actuellement les besoins ont augmenté, et 10 000 poches ne sont plus suffisantes. Donc nous épuisons notre stock. En sachant que les produits sanguins prélevés aujourd’hui pour les globules rouges seront périmés dans 42 jours, les plaquettes dans 7 jours, donc le stock doit se renouveler en permanence. S'il n'y a pas un sursaut de don, ces produits vont devenir très rares.
Comment expliquez-vous la baisse de mobilisation ces derniers temps ?
Ces derniers temps, les donneurs peuvent être fatigués par cette situation sanitaire qui s’éternise. Les gens se mobilisent bien depuis deux ans mais maintenant le moral est en baisse. La mobilisation s'amenuise chez les donneurs connus et nous n'avons pas le relais qui est pris par de nouveaux donneurs ou des donneurs qui se seraient manifesté spontanément.
Comment relancer la mobilisation ?
En parler beaucoup plus et surtout savoir que personne n'est à l'abri d'un problème de santé un jour et d'avoir besoin d'un produit sanguin. Ces produits, on ne peut pas les remplacer, ils ne peuvent provenir que de l'homme. Il n'y a pas d'alternative. Chacun doit prendre conscience de l'importance de ce geste. Souvent on remet à plus tard, ou on peut avoir de l’appréhension, peur de l'aiguille par exemple.
On dit qu'un don de sang c'est trois vies sauvées, parce qu'à partir d'un don on va obtenir les globules rouges, des plaquettes et du plasma qui ont chacun des destinations différentes mais sont tous utilisés et nécessaires.
Quand auront lieu vos prochaines collectes ?
Le 15 et le 16 février nous sommes à Lourdes. Le 17 nous serons à Eauze et le 21 février à Luchon. Nous attendons de nombreux donneurs sur ces collectes-là. On a également le site fixe, la maison du don à Tarbes. Nous sommes ouverts les lundis matins, mardis après-midis, jeudis et vendredis. Nous sommes vraiment dans une situation critique. Il est vital de donner son sang, par pour le donneur mais pour le receveur.
N.B.