Hautes-Pyrénées : ses courses de galop supprimées du calendrier, l'hippodrome de Tarbes pourrait disparaître

La situation économique de France Galop, la société organisatrice des courses hippiques au niveau national, pourrait condamner l'hippodrome de Tarbes à la fermeture faute de courses au programme l'an prochain. La structure se bat pour maintenir son activité, avec le soutien politique local.

Il aurait sans doute rêvé meilleure intronisation. Jeune président de l'Hippodrome de Tarbes – il a été élu il y a six mois – Patrick Davezac se retrouve en ce début d'automne à devoir affronter la perspective pure et simple d'une fermeture de sa structure. Pas question ici de cadavres dans les tiroirs ou de mauvaise gestion, le problème réside plus haut, au niveau national, avec ce déficit de 48 millions d'euros de France Galop – la société en charge de l'organisation des courses hippiques dans l'Hexagone – qui pourrait avoir des conséquences catastrophiques sur l'hippisme bigourdan. « France Galop a lancé un plan d'économie » explique Patrick Davezac, « ils ont essayé de faire un plan de crise et n'ont pas trouvé mieux que de supprimer des courses sur différents hippodromes, plus d'une trentaine au niveau national ».

Une proposition dont l'exécution brutale et hâtive mais pas encore effective serait particulièrement destructrice pour l'Hippodrome de Tarbes. « La spécificité de Tarbes c'est que nous n'avons que du galop et que du plat. D'autres hippodromes ont du trot à côté qui n'est pas impacté, donc ils peuvent continuer. Nous si on applique à la lettre la proposition ça entraîne purement et simplement la fermeture de l'hippodrome » se désole le président tarbais, qui insiste évidemment sur le statut particulier de l'anneau en herbe de Laloubère. Créé en 1808, il est en effet le plus ancien de France, en plus d'avoir le statut de pôle régional et d'accueillir aujourd'hui des courses Premium (le nouveau nom des « réunion PMU »). Sa fermeture marquerait une autre première peu enviable.

« Ils ont cru passer cette mesure en quinze jours ... »

La possibilité de voir l'herbe dépérir loin des sabots ne réjouit pas non plus les acteurs locaux, au premier rang desquels la communauté de communes Tarbes-Lourdes-Pyrénées, dont le président Patrick Vignes n'est autre que le maire de Laloubère. Voir disparaître une infrastructure « qui coche toutes les cases » selon son président, et aux investissements massifs engagés par l'intercommunalité – près d'un million d'euros entre 2012 et 2016 pour permettre à l'hippodrome d'accéder au statut Premium – est peu au goût de la collectivité, qui se targue d'une « tradition cavalière » aggravant encore un peu plus en filigrane la proposition de France Galop. Par le biais d'une « motion pour la défense de la filière hippique locale et le soutien à l’hippodrome de Laloubère » l'agglomération « demande solennellement à France Galop de retirer ce projet de fermeture ».

Face au tollé provoqué, en Bigorre et ailleurs, par la mesure, France Galop a dû reculer. Pour mieux sauter ? « La date butoir du 25 septembre a été ajournée » indique Patrick Davezac. « Ils ont cru passer cette mesure en quinze jours … Je ne sais pas s'ils ont des conseillers en stratégie à France Galop. Qui pouvait croire ça ? » poursuit le dirigeant, outré par le manque de concertation, « des méthodes pas très démocratiques » selon lui. Déterminé à organiser des courses en 2027 sur le site de Laloubère, Patrick Davezac se pare en tout cas de son « côté optimiste » et se prépare à cravacher pour garder son hippodrome vivant.

V.M