Hautes-Pyrénées : Réaction mitigée des éleveurs aux annonces du président au sujet du loup

Le président de la République, Emmanuel Macron, s'est rendu dans les Hautes-Pyrénées le 22 juillet dernier. Il est allé à la rencontre des éleveurs bigourdans, dont les troupeaux sont victimes d'attaques de loups depuis plusieurs mois, notamment dans le secteur du Hautacam. Le président a annoncé la création d'une seconde brigade d'intervention loup et qu'il s'engagerait pour faire évoluer le statut du loup au niveau européen. Des solutions qui ne répondent pas complètement aux demandes des éleveurs haut-pyrénéens, selon Christian Fourcade, président de la FDSEA 65. Entretien.

Que signifie pour vous la création de cette seconde brigade d'intervention ?

Aujourd’hui le massif central est touché et la zone de prédation du loup évolue, s'étend.

Nous pensons que le président n'a pas voulu aborder le sujet de la classification de nos estives comme non-protégeables car c'est trop onéreux. Mais ça reste notre cap car nous constatons toujours des attaques, elles s'espacent, mais surviennent toujours.

Quid de l'évolution du statut du loup au niveau européen ?

Ça aussi c'est une demande nationale des acteurs de l'élevage. L'Europe a classifié le loup dans une certaine catégorie de prédateur à protéger. Nous souhaitons, au vu de la progression de la présence du loup, que ce statut évolue vers un statut de moindre protection. C'est-à-dire qu'on puisse agir plus efficacement et rapidement contre ce prédateur. Pour qu'on puisse en arriver aux tirs létaux, le préfet a du prendre une dizaine d'arrêtés.

Que tirez-vous globalement de cette rencontre ?

Concernant la brigade d'intervention, au-delà du recrutement et des délais pour la mettre en place, c'est aussi une question de moyens. Il faudra que les louvetiers soient correctement équipés, avec les bonnes armes, des lunettes à vision nocturne par exemple, car le loup attaque principalement la nuit ou au lever du jour.

Où en êtes-vous en termes de mobilisation ?

Le problème, clairement, c'est que notre moyen de pression était le Tour de France. On se mobilisait à la sortie de Lourdes chaque samedi matin parce qu'il y avait une crainte que ça perturbe le Tour de France. Maintenant on va se rencontrer sur l'échange et le travail vers la classification de nos estives comme non-protégeables.

N.B.