Avec la saison hivernale qui approche, les stations de ski se préparent déjà à faire face à la hausse des prix de l'énergie. C'est le cas à la station de Peyragudes, qui peut enclencher certains leviers si besoin. Entretien avec Laurent Garcia, le directeur du domaine skiable de Peyragudes.
Quelle est l'ampleur de l'enjeu énergétique pour la station cette année ?
D'une façon générale dans la profession on a tendance à consommer à peu près 5% de notre budget de dépenses pour des fournitures d'énergie électrique. On a bien évidemment une trajectoire à la hausse pour l’hiver qui arrive, avec une probabilité d'atteindre les 10 à 12% de nos coûts. Donc c'est une difficulté importante et nous sommes en train de travailler au fameux plan de sobriété pour y faire face.
Selon les données qui nous sont communiquées, on ose espérer une détente sur les tarifs. On a les niveaux de réservations qui nous rassurent déjà donc la fête est loin d'être gâchée. La saison se fera peut-être dans des conditions financières plus contraintes pour les exploitants mais nous ferons en sorte que la joie du ski et l'esprit de la montagne soit au rendez-vous pour les clients.
Comment se compose la consommation énergétique de la station ?
On a déjà la neige de culture qui pèse pour la moitié. C'est nécessaire à la garantie neige que propose la station et on fait partie des mieux équipées sur le massif des Pyrénées. Nous avions déjà investi il y a plus que cinq ans dans un système de mesure de neige centimétrique, grâce auquel on a résorbé de l'ordre de 20 à 25 % la quantité pour turbiner et le nombre d'heure de production.
Qu'avez-vous déjà mis en place en termes de sobriété énergétique sur la station ?
On a fait par exemple, l'hiver dernier, le changement de tous les éclairages publics avec 160 000 euros d'investis pour diminuer de l'ordre de 10 fois la consommation électrique pour l'éclairage de la station. Sur la partie domaine skiable on a aussi des outils d'amélioration de la consommation notamment au niveau des dameuses. Puis on travaille au niveau comportemental sur l’éco-conduite des remontées mécaniques mais aussi des dameurs.
N.B.