La filière porc noir de Bigorre, ainsi que plusieurs produits élaborés dans les Hautes-Pyrénées, sont menacés par la généralisation du nutri-score. Un système jugé inadapté pour des produits pourtant issus de filières de qualité, selon Jean-Michel Coustalat, président du consortium du noir de Bigorre. Entretien.
Que représente la production du porc noir de Bigorre dans les Hautes-Pyrénées ?
Aujourd’hui la filière de noir de Bigorre produit 10 000 porcs par an, concerne une soixantaine d'éleveurs et cinq artisans transformateurs qui mettent en marché cette production-là. L'ensemble des acteurs de cette filière font partie du consortium.
Quelle menace pose la généralisation du nutri-score aux filières comme le noir de Bigorre ?
La classification de nutri-score a été créée, à priori, pour cataloguer les produits fortement transformés, complexes ou industriels. Le fait de l'appliquer à l'ensemble des produits alimentaires amène à des incohérences, d'après-nous.
Dans ce sens, ce qui concerne le noir de Bigorre concerne aussi d'autres produits aussi issus de filières de qualité comme les fromages,ou encore l'huile d'olive ou les confitures. Nous, ça fait depuis 2015 et 2017 que nous gérons deux appellations d'origine protégée, dont un signe officiel de qualité.
Quelle serait la solution pour ne pas impacter ces filières et produits du terroir ?
Notre démarche, au sein de la région, est d'ailleurs de sensibiliser l'ensemble des élus pour faire remonter cette problématique et tenter d'obtenir une approche nuancée par rapport aux produits sous signe officiel de qualité.
N.B.
Crédits Photo : Darreenvt