La coopérative agricole Val de Gascogne organisait vendredi l'événement Val Horizon, autour de la problématique « des solutions pour accélérer la transition agroécologique des exploitations agricoles du territoire ». A Lamothe, près de Mauvezin, des centaines d'exploitants ont pu s'emparer de solutions pour réduire leur empreinte environnementale et assurer une agriculture plus durable.
« Avec le défi du changement climatique, le monde agricole va devoir s'adapter. Mais, et ce n'est pas forcément connu de tous, l'agriculture peut être une des solutions pour limiter ce changement climatique. Donc la transition agroécologique c'est adapter le système agricole pour respecter au mieux la nature tout en continuant à produire de façon écologique » explique Geoffrey Goulin, responsable communication & agriculture durable à la coopérative Val de Gascogne. C'est là toute la dualité du secteur agricole, responsable en France de 20% des émissions de gaz à effet de serre, mais maillon essentiel et nécessaire du bon fonctionnement d'un pays. D'autant plus alors que la problématique de la souveraineté alimentaire, mise au jour pendant la période de pandémie, implique, à tout le moins, un maintien du volume de production actuel hexagonal.
Il n'est donc pas question de produire moins, mais de produire mieux. A cet égard, le terme à retenir serait sans doute celui d'efficience, qui sous-entend un rendement similaire sans effusion de moyens, et donc une diminution de l'utilisation de produits tels que les engrais ou les phytosanitaires.
"Pouvoir remettre les sols au coeur du système de production"
La coopérative Val de Gascogne, qui possède un service de recherche et développement, a pris le tournant de l'innovation. Sur les produits phytosanitaires donc, grâce à des solutions de substitution tel que les biocontrôles dont le principe repose sur la gestion des équilibres des populations d’agresseurs plutôt que sur leur éradication, en utilisant des agents naturels (macro ou micro-organismes, phéromones, substances naturelles …), mais aussi sur les démarches d'agriculture dites de précision et de conservation des sols. « Ca fait partie de la stratégie de la coopérative de s'emparer du sujet des sols. Pouvoir remettre les sols au cœur du système de production. C'est vraiment le capital de production des agriculteurs et ça nécessite de bien appréhender son fonctionnement et le remettre en état de marche d'un point de vue biologique. C'est le socle commun, s'emparer de la gestion durable des sols », explique Geoffrey Goulin, qui insiste aussi sur la possibilité d'utiliser ces mêmes sols pour stocker le carbone, nerf d'une guerre que l'Homme mène contre les effets de ses propres besoins.
En faisant intervenir ses experts lors de différentes conférences et démonstrations, Val de Gascogne, qui rayonne sur plusieurs départements au-delà de son centre de gravité gersois, a pour objectif de faire ruisseller les connaissances vers les exploitants, adhérents ou non de la coopérative. «C'est une journée asez concrète avec des solutions appliquées, approuvées, qu'on peut déployer au plus grand monde. L'idée c'est de pouvoir donner un éclairage sur les solutions qu'on donne et de montrer comment s'en emparer sur l'exploitation dès le lendemain de la journée ».
Près de trois-cents agriculteurs étaient présents à Lamothe à cet effet, même si, comme Geoffrey Goulin le rappelle « chaque exploitation est différente et selon les objectifs et contextes climatiques les objectifs sont différents ». Pour une coopérative qui réunit plusieurs milliers d'exploitants, les profils varient logiquement du céréalier au viticulteur, en passant par les polyculteurs-éleveurs, de l'Armagnac à l'Ariège.
Un intervenant externe de renom était aussi présent dans le Gers vendredi dernier. Serge Zaka, agroclimatologue reconnu « qui a fait un focus sur le climat local à horizon 2100 et tous les impacts que cela aura sur l'agriculture locale ». 2100 c'est loin, mais suffisamment proche pour que l'auditoire prenne conscience de la nécessité de faire évoluer certaines pratiques. Une piqûre de rappel salutaire en somme, auprès d'un public déjà éveillé aux évolutions agroécologiques. « C'est aussi un sujet qui peut toucher le grand public. Chacun à son niveau est porteur de message et de communication donc on espère que ça permettra de drainer un certains nombres d'idées autour des solutions que porte l'agriculture face à ces problématiques ».
V.M