Pas de condamnation pour le syndicaliste CGT Christophe Bukovec, accusé d'« injures publiques ». Des faits qui remontent au 20 mars dernier, lors d'une manifestation contre la réforme des retraites, où le syndicaliste avait déposé devant la permanence parlementaire de Jean-René Cazeneuve un écriteau « Déchetterie 32, une ordure peut en cacher d'autres ».
Les soutiens du prévenu, venus en nombre au tribunal d'Auch, n'ont pour certains même pas eu le temps de pénetrer la salle d'audience. La faute à une procédure morte-née, qui a eu pour seul intérêt de faire écho à une nouvelle affaire où la victime serait devenue coupable. Le député du Gers, Jean-René Cazeneuve, en proie à des accusations de la part d'une autre parlementaire – il lui aurait lancé qu'elle serait « tondue à la libération » pour « avoir voté comme le RN » – était cette fois, en son absence, partie civile.
D'emblée, le président de séance met fin au suspense, le fond de l'affaire ne sera pas jugé, le procédure étant formellement viciée. Pour le délit en question, une période de prescription de trois mois est en effet en vigueur. Or entre le 20 mars et le 14 décembre s'écoulent près de neuf mois. Les comptes n'y sont pas et les faits sont prescrits, Christophe Bukovec ne sera pas condamné. Une évidence pour l'avocat du prévenu, Me Younes Derkaoui, qui évoque un dossier d'accusation chancellant :
Pour Christophe Bukovec, confiant sur l'issue du procès même si la forme n'avait pas posé problème, c'est un soulagement. « Je n'ai jamais cité ni l'homme ni la fonction du fameux député qui se sent insulté dans cette affiche, rédigée au sujet de la réforme des retraites, et ces poubelles qui représentaient le rejet de la réforme ».
V.M