C'est un nouvel outil dans le Gers dans la lutte contre le fléau des violences intra-familiales : la possibilité pour les infirmiers libéraux gersois de déroger au secret médical pour signaler des faits de violences conjugales au Parquet d'Auch. Cet engagement multi-partenarial, entre le Parquet, l'association d'aide au victime, la Préfecture et le Conseil Départemental de l'ordre des infirmiers a été officialisée ce lundi 2 mai. Une profession loin d'être choisie par hasard. De par leur proximité avec les patients, les infirmières et infirmiers sont souvent aux premières loges pour identifier et prendre en charge des victimes de violences intra-familiales. Grâce à ce dispositif, le signalement sera pour ces professionnels de santé facilité, avec également une simplification du parcours pour les victimes et une protection renforcée. Jacques-Edouard Andrault, procureur d'Auch, qui a fait de la lutte contre les violences intra-familiales une grande priorité, revient plus en détails sur les contours de cette convention :
"Cette convention s'inscrit dans la continuité d'une mobilisation du secteur médical qui m'est cher depuis mon arrivée. C'est une manière de faire en sorte que l'on puisse davantage détecter et mieux signaler les faits de violences conjugales auprès du Parquet. Quant au signalement, il suit une logique assez simple. L'infirmier ou l'infirmière doit dans un premier temps s'efforcer de recueillir le consentement de la victime majeure pour lui indiquer qu'il ou elle va signaler les faits au parquet. Mais, même sans l'accord de la personne concernée, le professionnel de santé pourra signaler ces faits au parquet à deux conditions. Tout d'abord, il faut qu'il y ait une contrainte morale exercée par l'auteur sur la victime. L'autre condition c'est lorsque la vie de la personne est en danger."
"Une très belle initiative"
Dans les rangs des infirmiers libéraux du département, selon la voix de sa vice-présidente, Julie Ribet, on se réjouit d'être lié à cette lutte :
"C'est une très belle initiative et un partenariat fort. En tant qu'ordre infirmier, nous avons régulièrement des infirmiers qui nous évoquent ces situations-là. Nous avons aujourd'hui la possibilité de leur transmettre le texte de loi et la procédure à suivre avec le Parquet d'Auch.
Une lutte à laquelle participent déjà les médecins et plusieurs hôpitaux du département
Une convention déjà mise en place depuis plusieurs mois
avec l'ordre des médecins et au centre hospitalier d'Auch et de Condom. Mais, les résultats sont encore trop timides déplore le procureur d'Auch :
Pour rappel, si vous êtes victimes ou témoins de violences sexistes et sexuelles :
E.R