GERS : LES BULLETINS DU SECOND TOUR INVALIDÉS A NOGARO ET EAUZE PAR LE CONSEIL CONSTITUTIONNEL

A Eauze comme à Nogaro, c'est un sentiment de colère qui anime les maires des deux communes. Le Conseil constitutionnel a invalidé les votes de leurs administrés, soit 15% des votes invalidés à l'échelle nationale.

Cinq jours après le second tour des élections présidentielles, Christian Peyret peine à cacher sa colère. Les habitants de Nogaro qui ont pris part au vote pour le second tour des élections présidentielles, ont vu leurs votes invalidés par le Conseil constitutionnel. « A ma grande surprise car quand la magistrate est venue, j'étais devant la salle et en tant que président du bureau de vote je discutais avec des habitants juste devant. Elle a trouvé ça irrégulier » s'étonne encore l'élu. « Elle m'a dit que ma place était à l'intérieur et non pas devant, d'un ton véhément, impoli. Je ne pensais pas qu'on irait jusqu’à l'invalidation du scrutin ».

Dans sa commune de Nogaro, nichée en plein cœur de l'Armagac, 840 bulletins sont donc passés à la trappe. « Je n'ai même pas eu de lettre officielle et il n'y a pas de recours possible. Je suis abasourdi. J'ignorais ce dispositif de permanence complète sur le bureau de vote »

La nouvelle, il l'a apprise par un confrère du Gers. Le maire d'Eauze, Michel Gabas. « Le Conseil s'appuie sur ce rapport du magistrat, faux et délétère. Il dit qu'il n'y a avait qu'une personne par bureau de vote, c'est n'importe quoi. C'est normal d'être contrôlé, je n'ai jamais eu de souci après 14 ans passés à la tête de la mairie. Mais quand elle est venue, j'étais à la Journée des déportés pendant 40 minutes, pour déposer des fleurs devant la tombe commémorative. Quatre adjoints étaient présents au bureau de vote à ce moment-là. La magistrate aurait dû demander aux 1 974 votants de ma commune, il y avait toujours un membre de la majorité et un de l'opposition. J'ai signalé l'incident au préfet dimanche. Les gens sont écœurés, il ne comprennent pas ».

Le maire entend désormais envoyer un courrier au président du Conseil constitutionnel pour dénoncer « un excès de zèle » et ainsi « sauver l'honneur de la commune ».

N.M