Condamné hier par le tribunal correctionnel d'Auch, à une peine de 15 000€ d'amende, après avoir déclaré lors de l'Assemblée Générale de la Coordination Rurale « Les écolos, la décroissance veulent nous crever, nous devons leur faire la peau », le président national de la CR, Bertrand Venteau, a décidé de faire appel. Un nouveau procès devrait se tenir devant la cour d'appel d'Agen ces prochains mois.
Condamné ce jeudi 15 octobre par le tribunal correctionnel d’Auch à 15 000 € d’amende, dont 10 000 € avec sursis, le président national de la Coordination rurale (CR), Bertrand Venteau, annonce son intention de faire appel. La condamnation fait suite à des propos tenus en novembre 2025 lors de l’assemblée générale du syndicat. Dans un communiqué, le syndicat de la Coordination rurale annonce prendre acte de cette décision tout en défendant la liberté d’expression syndicale. "La Coordination Rurale respecte l'institution judiciaire et les décisions qu'elle rend. Elle rappelle néanmoins que la liberté d'expression syndicale, y compris lorsqu'elle est vigoureuse, constitue un élément essentiel du débat démocratique." Les propos tenus par Bertrand Venteau s'inscrivaient, selon le leader agricole, dans un cadre "privé", et "dans une dénonciation politique des orientations environnementales qu'il considère responsables de l'affaiblissement de l'agriculture française". Une interprétation qui n'a pas été retenue par le tribunal auscitain. Qui indique dans son jugement que les déclarations de Bertrand Venteau ont été prononcées au cours d’une assemblée générale élective de la CR Nationale, qui n’était pas réservée à ses seuls membres mais aussi ouverte à d’autres personnes, dont la presse ». Ce sera désormais à la Cour d'Appel d'Agen de statuer sur ses propos lors d'un nouveau procès, dont la date n'a pas encore été communiquée.
« On peut condamner des mots. On ne fera pas disparaître la colère agricole »
Au-delà de la procédure judiciaire, la Coordination rurale rappelle dans son communiqué les grandes difficultés rencontrées par le monde agricole : fragilité économique des exploitations, revenus insuffisants, hausse des charges et accumulation des contraintes. « Cette colère ne saurait justifier la violence. Mais elle ne peut davantage être ignorée, disqualifiée ou réduite à une controverse autour des déclarations d’un responsable syndical », affirme le syndicat.
La CR assure qu’elle continuera à contester les politiques qu’elle juge contraires à la souveraineté alimentaire, à la pérennité des exploitations et à la dignité du métier d’agriculteur. « Défendre l’agriculture française n’est pas une provocation. C’est la raison d’être de la Coordination rurale », conclut-elle.
Les parties civiles rappellent que « nul ne peut appeler impunément à la violence »
Dans un communiqué commun publié plus tôt dans la journée, les organisations parties civiles, plaignantes et leurs soutiens avaient réagi à la condamnation de Bertrand Venteau. Elles indiquaient "prendre acte positivement de cette décision", qui sanctionne, selon elles, des propos tenus publiquement. « Cette décision rappelle qu’en notre État de droit, nul ne peut appeler impunément à la violence ».
Pour rappel, Bertrand Venteau a également été condamné à verser 1 500 € à France Nature Environnement, partie-civile, au titre des frais de procédure.
E.R