Gers/Hautes-Pyrénées : à J-365, quels sportifs locaux peuvent rêver des Jeux Olympiques ?

La flamme passera par le Gers et les Hautes-Pyrénées en mai prochain, avant de poursuivre sa route vers Paris. A un an de l'allumage de la vasque petit tour d'horizon des sportifs locaux pour qui la flamme olympique brille déjà au quotidien. Un an de préparation, de sacrifices, de doutes, de certitudes rassérénées ou brisées. Pour eux, rien n'est encore certain, ni participation ni médaille, mais tout est jouable.

Paulin Riva – Rugby à 7

Son équipe possède déjà le ticket olympique. Lui pas encore. Mais en tant que capitaine, difficile d'imaginer l'équipe de rugby à 7 fouler la pelouse du Stade de France sans Paulin Riva. L'Auscitain, formé au FCAG, aura 30 ans au moment de la cérémonie d'ouverture. Malheureusement pour les septistes, les affres du calendrier olympique font qu'il leur sera difficile de prendre part à la très attendue descente de la Seine, eux qui débuteront leur quête d'or la veille de l'ouverture officielle des Jeux de la XXXIIIème Olympiade. Trop peu expérimenté lors de la première et unique participation olympique du 7 masculin français, à Rio en 2016, il n'était pas non plus de l'aventure tokyoïte en 2020(1), la faute à une défaite cruelle en finale de l'ultime tournoi de repêchage face à l'Irlande. Alors que l'équipe de France s'avance plus sûre que jamais de ses forces - 4èmes des dernières World Series, son meilleur classement - Riva, pièce-maîtresse du jeu tricolore qui évolue aux postes 5 et 6 (demi d'ouverture et centre à 7), pourrait devenir le premier Gersois champion olympique, s'il parvient à mener son équipe à triompher des fantasques Fidjiens, de la machine huilée néo-zélandaise ou des véloces Argentins.

Antoine Dupont – Rugby à 7

Lui aussi est passé par le FCAG, lui aussi est capitaine d'une équipe de France de rugby, et pour lui aussi la place au village olympique n'est pas encore assurée. Dupont, né à Lannemezan, fait rêver le monde sur les terrains de rugby XV, qui ont ceci de différent des terrains à 7 leur population. Sa volonté de s'insérer dans le projet J.O. est connue, et peu d'obstacles semblent s'opposer à la tentative ; surtout si les Bleus triomphent, déjà à la maison, en octobre. Il lui faudra quand même faire ses preuves et disputer quelques tournois avec les coéquipiers de Paulin Riva, peut-être en février-mars en Amérique du Nord. S'il s'adapte aux contraintes du jeu à 7, nul doute qu'il sera un atout de taille dans l'effectif tricolore, qui n'a remporté qu'un seul tournoi d'envergure à ce jour. C'était en 2005 … à Paris. En terrain conquis au Stade de France, l'enfant de Castelnau-Magnoac aura peut-être l'occasion de régaler le public de ses soutiens improbables et de sa défense irréprochable, encore plus importante quand le nombre de joueurs est réduit à sept par équipe.

Bruno Armirail – Cyclisme sur route

Il a probablement vécu le plus beau moment de sa carrière cycliste en mai dernier sur les routes lombardes. Parti dans une échappée au long cours sur la 14ème étape du Tour d'Italie, il s'empare à l'issue des 193km de la maglia rosa de leader du général de la course centenaire. Premier Français porteur du maillot rose depuis Laurent Jalabert un quart de siècle plus tôt (1999), le natif de Bagnères-de-Bigorre le portera deux jours, une fierté pour ce coéquipier modèle et rouleur de premier ordre. Spécialiste du contre-la-montre, c'est probablement dans cette épreuve que le coureur de la Groupama-FDJ a le plus de chances de disputer les Jeux Olympiques, d'autant que la France peut aligner deux athlètes en sa qualité de pays hôte. Ca tombe plutôt bien, Bruno Armirail squatte le top 2 des championnats de France de C.L.M. depuis 2021, avec en prime la veste tricolore à l'issue de son chrono victorieux de 2022.

Maxime Pianfetti – Escrime

Vice-champion du monde à la surprise générale en Egypte à 23 ans, la confirmation s'est avérée quelque peu difficile pour l'escrimeur tarbais. Moins en réussite il y a quelques jours à Milan (défaite en 16èmes de finale) qu'en 2022 au Caire, Maxime Pianfetti fait quand même figure de valeur sûre du sabre français. Dans une discipline qui fait la part belle aux capacités d'explosivité, le tireur de 24 ans formé et licencié à l'Amicale Tarbaise d'Escrime, devra faire en sorte que l'équipe de France décroche un ticket par équipe, histoire d'assurer le quota maximum de trois athlètes au départ de l'épreuve individuelle. Et quel plus bel environnement que le Grand Palais pour disputer la compétition d'une vie, sous la nef de verre du monument, à deux pas des Champs-Elysées ?

Boris Neveu - Kayak

Il aura 38 ans au moment des Jeux Olympiques mais une volonté toujours aussi forte de briller. Le kayakiste lourdais a en tout cas donné un nouveau tournant à sa riche carrière avec l'arrivée annoncée d'une nouvelle épreuve au programme des J.O. Champion du monde 2014 et 2021 du slalom (K1), c'est plutôt en K1 extrême, le « kayak-cross » que le licencié de Bagnères-de-Bigorre se voit briller sur les eaux agitées du bassin de Vaires-sur-Marne. Ajouté au calendrier pour des raisons évidentes de télégénicité, le K1 extrême met aux prises quatre athlètes, en même temps, dans le courant ; le premier arrivé l'emporte. Pour être sûr d'être le premier en bas le 5 août 2024, le Pyrénéen devra s'assurer une qualification face aux autres tricolores en lice. Pas une sinécure, mais l'expérimenté Neveu a montré qu'il avait des ressources cet été, échouant aux portes de la médaille des Jeux Européens de Cracovie en mai dernier.

Et aussi ...

L'école tarbaise du sabre n'en finit pas de produire des joyaux. Parmi les plus récents on retrouve Mathilde Mouroux. Championne du Monde junior en 2022 et d'Europe en 2023, la Pyrénéenne de 19 ans aura du mal à déloger les habituelles titulaires de l'équipe de France de sabre, mais l'avenir lui semble promis.

Elle a quitté les contreforts des Pyrénées pour la Côte d'Azur. Lilou Ressencourt, formée au Tarbes Nautic Club, s'épanouit dans les épreuves de papillon, dans lesquelles elle a bien failli arracher une qualification pour les Championnats du Monde de Fukuoka. Sept dixièmes sur 100m, six sur 200m, voilà ce qui lui manque pour composter son ticket de métro parisien.

Lui a troqué le bonnet bleu contre les étoiles vénézueliennes. Elian Carmona, ancien du Cercle des Nageurs Auscitains, peut légitimement espérer arracher une place pour Paris sur 200m papillon. Proche de la nouvelle star de la natation française Léon Marchand, le Franco-Vénézuélien espère suivre le triomphe attendu du Toulousain depuis le bassin.

En athlétisme le chemin sera sinueux pour l'Auscitain Bastien Cadeot. Le sauteur en longueur, du haut de son record à 7m72, est à court de centimètres dans sa quête de qualification (8m27). Récemment installé à Bordeaux, il lui reste un an pour trouver les clés du sautoir et découvrir la nouvelle piste violette du Stade de France.

Elle n'est pas athlète mais sans elle, pas de compétition. Doriane Domenjo, licenciée à l'US L'Isle-Jourdain, espère bien faire partie des arbitres retenues pour officier les matchs de rugby à 7. Cette année elle était au sifflet de plusieurs compétitions de premier plan, dont les Challenger Series, la deuxième division mondiale du sevens.

V.M