Réveil difficile dans le Gers, un jour après le passage orageux qui a frappé les vignes et cultures de l'Armagnac jusqu'aux portes de Condom. Le président de la chambre d'agriculture du Gers, Bernard Malabirade, appelle à revoir le système assurantiel.
Quel bilan dresser ce samedi, un jour après ce violent épisode orageux ?
On nous promettait des orages violents, on a pas été épargnés. Ce couloir de grêle venu des Landes a traversé tout le Gers avec beaucoup de communes touchées, dont Mauléon ou encore Castelnau-d'Auzan, jusqu’aux pieds de Condom.
Il a suivi toute la frontière lando-gersoise et on estime entre 4 et 5 000 hectares de vignes touchés, et plusieurs dizaines de milliers d'hectares de cultures impactés dans le Gers.
Au-delà des vignes, les cultures de printemps et de céréales ont été touchées lourdement en Armagnac et dans le Ténarèze. Des grêlons de 3 centimètres environ qui ont provoqué des dégâts sur les maisons, les véhicules ou encore des bâtiments agricoles. C'est un épisode très dur que subit l’agriculture.
Vous avez pu échanger avec les agriculteurs. Dans quel état sont-ils ?
Les agriculteurs et viticulteurs ne sont pas bien, c'est un épisode très dur après plusieurs années déjà difficiles. Cet épisode de gel en début d'année notamment. Et force est de constater qu'il y a un vrai problème pour les agriculteurs qui sont très mal assurés. J'ai pu échanger avec des viticulteurs qui se demandent s'ils vont passer la saison prochaine, c'est une catastrophe très dure à vivre humainement. L'avenir de certaines exploitations est remis en cause.
Une nouvelle alerte est annoncée ce soir.
Le pire n'est jamais sûr mais les alertes sont là, on s'attend à ce que ce soit dur ce soir. Cette évolution climatique devient de plus en plus dure et elle tue tout espoir de faire des récoltes convenables. Ce qu'on attend désormais, c'est un système assurantiel solide pour couvrir tous ces événements. Une solidarité publique pour que l'agriculteur ne soit pas contraint de mettre un terme à son exploitation. Le système démontre à l'heure actuelle de grande faiblesses.
N.M