Quelle est votre réaction suite à ce premier foyer détecté ?
Bernard Malabirade : C'est une déception pour notre territoire gersois qui était indemne jusque là. Nous nous mettons désormais en phase opérationnelle pour gérer cette situation sanitaire. Elle est à la fois nouvelle, mais nous la connaissons également car nous l'avons largement vécu par le passé [notamment lors des grippes aviaires des hivers 2015-2016 et 2016-2017, des abattages massifs avaient été ordonnés dans le département, ndlr]. Nous allons faire en sorte que cette épidémie ne se propage pas, essayer de la contenir là où elle est, et faire que l'incendie ne se propage pas. Il n'y a pas de risques pour la santé humaine. Nous sommes dans la gestion d'une maladie animale, chose que nous savons faire.
Quelles sont les conséquences ?
Les conséquences économiques pour le moment ne sont pas importantes puisqu'il y a du foie gras en stock, il n'y a pas de problème d'approvisionnement ce côté-là, bien au contraire. Il nous faut donc nous mobiliser dans une action coordonnée à la fois avec l'administration, l'administration sanitaire, et l'ensemble des entreprises de la filière et des éleveurs pour faire en sorte que le virus ne propage pas. Nous sommes entraînés pour cela. Nous faisons régulièrement des simulations de ce type d'épreuves, et nous pensons être opérationnels pour éviter que cela se développe.
Il existe un système de vaccination, est-ce une bonne solution ?
Il y a une possibilité de vaccination comme dans certains pays. Il faut mettre au point le vaccin. Mais l'influenza c'est une grippe, donc le virus peut évoluer dans le temps, il est très mutagène. Il faut quasiment mettre au point un vaccin personnalisé, ce qui est compliqué à mettre en œuvre. Il n'y a pas de médecine malheureusement appropriée pour cela.
Nous avons le parti-pris d'élever nos animaux en extérieur, et nous savons qu'en faisant cela, nous faisons un produit qui correspond aux attentes des consommateurs. Mais nous prenons aussi le risque d'être en contact avec de la faune sauvage susceptible d'amener des virus aviaires. Nous savons que ce risque existe, mais nous y sommes préparés.
F.P.