Gers : 0 patient en réanimation mais l'ARS se veut prudente

C'est la très bonne nouvelle de ce début de semaine. Les derniers chiffres de l'Agence Régionale de Santé Occitanie confirment un recul de l'épidémie de coronavirus dans le Gers : il n'y a plus aucun patient en service réanimation. Si une personne reste hospitalisée actuellement, la situation s'est nettement arrangée en comparaison avec les derniers mois où les soignants ont dû faire face à un afflux de personnes contaminées. Comment l'expliquer? Doit-on s'attendre à un regain de circulation du virus? Le Gers teste-t-il massivement? Les réponses de Jean-Michel Blay, délégué départemental dans le Gers pour l'ARS Occitanie. 
 
C'est une bonne nouvelle mais le virus continue de circuler...
 
C'est effectivement une très bonne nouvelle pour tout le monde. Une situation qui est plus favorable que ce qu'on a connu depuis le début de l'épidémie. Il ne faut pas se relâcher évidemment, il y a toujours cette circulation virale aujourd'hui limitée à certains groupes ou certains modes de vie. L'idée, c'est quand même dans ce contexte de baisse de circulation de ne pas reconstituer de mini-foyers où le virus circulerait rapidement.
 
 
On a beaucoup parlé des manquements de l'Etat en matière de masques, de tests. Où en sommes-nous aujourd'hui dans le Gers?
 
La stratégie de déconfinement s'est beaucoup appuyée sur la capacité à tester. On estimait dans le Gers, en fourchette haute, que le département avait besoin entre 400 et 500 tests par jour. On est allé à un peu plus de 200 tests par jour en test réel. Aujourd'hui on est à 100 environ. 
 
C'est assez?
 
Oui, le besoin maximum était estimé à 400 et on est jamais allé au dessus de 200.
 
 
Le service Covid-19 a fermé ses portes il y a quelques jours au centre hospitalier d'Auch. Il pourrait ouvrir à nouveau rapidement en cas de nouvelle contagion massive?
 
Oui, notre système de santé s'était organisé de manière rapide et en bonne configuration pour répondre à l'urgence de l'épidémie. Nous avons une grosse capacité d'adaptation avec un travail des soignants remarquable, il faut le souligner. Pour le moment ce service n'a plus lieu d'exister, on est revenu en configuration antérieure.
 
 
L'épidémie pourrait refaire surface de façon saisonnière selon plusieurs chercheurs. Nous sommes prêts?
 
On parle de deuxième vague sans savoir si ce sera une réalité ou non. Cette hypothèse s'explique par le fait que le virus est actif aujourd'hui dans l’hémisphère sud où on est en automne. Il ne faut rien négliger et on voit qu'il circule à bas bruit en France. Il est actif dans certains foyers notamment en région (NDLR : Gard et Haute-Garonne). Il faut être prudent, on a pas assez de connaissance sur les mutations du virus. Il faut garder la notion des gestes barrières et s'habituer à vivre avec sur le long terme.
 
 
Le confinement a été d'une violence inouïe pour l'économie. Si la Covid-19 revenait fortement à l’automne, le modèle de confinement sera plus semblable à l'Allemagne ou la Chine où on confine localement?
 
C'est en tous cas ce qu'on rencontre dans des pays qui ont confiné complément comme nous, on sera sur du traitement régional ou très local, sur des coins bien ciblés.
 
Propos recueillis par N.M