Envahissement du CHS d'Auch, les syndicats gersois de la santé en ordre de marche ce mardi

Dans le cadre de la journée nationale de mobilisation du secteur médico-social prévue mardi 20 juin, les sections UFAS (action sociale) et USFP (secteur privé) de la CGT Gers organisaient ce vendredi une conférence de presse pour évoquer les griefs des acteurs de la santé à l'encontre de l'Etat. En plus des grèves, l'intersyndicale prépare un envahissement du conseil de surveillance du Centre Hospitalier Spécialisé d'Auch, à partir de 14h.

« On écope un bateau qui prend l'eau avec un petit gobelet. Et l'Etat fait de grands trous dans la coque, donc évidemment on va couler, on va tous couler ». La métaphore de Fabrice Lamarque, délégué CGT et employé du Centre Hospitalier Spécialisé d'Auch, est plutôt évocatrice, et révélatrice d'une vague que les acteurs du monde de la santé et du médico-social souhaitent voir déborder de leur seul milieu à l'occasion de la journée d'action nationale prévu ce mardi.

Particulièrement exposé pendant la crise sanitaire, le secteur a vu le temps reprendre son cours, et la situation dénoncée avant et pendant l'épisode Covid se maintenir. Les revalorisations induites par le nouveau Ségur de la Santé sont vertement critiquées : « on en a assez des annonces de pacotille » souligne Fabrice Lamarque.

Gérome Guillot, moniteur-éducateur au centre de Roquetaillade et délégué CGT du privé, dénonce le fait que les 183€ n'agissent qu'en complément d'un salaire insuffisant à la base, et souvent pour l'équilibrer au niveau du salaire minimum : « de nombreux métiers sont encore infra-SMIC. Dans mon établissement 30% des salariés sont en-dessous du SMIC même s'ils sont bien complétés pour être au niveau du SMIC ». Pour certains, la quête d'un niveau de vie décent passe même par la poursuite de plusieurs contrats.

Face à la « peur de l'été », un envahissement du conseil de surveillance du CHS d'Auch est prévu ce mardi

Au-delà de la question centrale du salaire et du manque d'incitation à épouser ou continuer une carrière dans un milieu en forte tension, les délégués CGT mettent en avant la gestion technocratique des institutions médico-sociales, plaçant au premier plan les problématiques de déficit, avant l'humain. Une situation qui conduit selon eux à des manques d'effectif criants, à l'instar du Centre Hospitalier d'Auch, dans lequel 40% des postes de psychiatres sont vacants. Un enjeu qui prend sa pleine mesure à l'aune des évènements récents à Annecy, selon Fabrice Lamarque : « On ne forme pas suffisamment d'infirmiers, on ne forme pas suffisament de médecins. Après quand on entend les Macron, Darmanin dire que le problème d'Annecy c'est un problème d'immigration alors que c'est d'abord un problème de santé mentale … c'est regarder à côté alors qu'on va droit dans le mur ».

De manière moins figurée, l'architecture des bâtiments est, elle aussi, mise en cause par Gérome Guillot : « on peut noter de nombreux établissements avec des étages, où les résidents parfois peinent à rentrer avec leur fauteuil dans les ascenseurs, et les pouvoirs publics ne donnent pas les moyens de prévoir des recontructions ».

Une journée d'action centrale à plusieurs égards pour les acteurs du milieu, la veille de l'arrivée officielle de l'été, un moment tous les ans redouté et particulièrement cette année, eu égard aux fortes possibilités de canicule annoncées sur la région. Sonia Saint-Martin-Larroque évoque la problématique sans ambages : « on a peur de l'été ». Face à l'absence de répondant de la part des autorités sanitaires, les syndicats prévoient de s'immiscer au conseil de surveillance du CHS auscitain à partir de 14h. 


V.M