Manque de professionnels, matériel vieillissant, échéances non-tenues, les sapeur-pompiers font entendre leur mécontentement au cœur d'un été chargé. Les problématiques nationales, évoquées par une intersyndicale auprès du ministre de l'Intérieur la semaine passée, se déclinent tout autant dans le Gers à en croire le syndicat autonome des pompiers professionnels.
Pas de fumée sans feu. L'appel à manifester de l'intersyndicale des pompiers fin septembre semble n'être que le témoin visible des flammes d'un ras-le-bol qui touche la profession, que les derniers mois chargés sur tous les fronts ont placé au cœur du spectacle médiatique. La gestion de la sécurité civile par les gouvernements successifs, illustrée par le « scandale » autour du nombre de Canadairs disponibles dans l'Hexagone, fait l'objet de critiques virulentes qui rejaillissent aussi dans le Gers. Pour Yannick Martuaing, le responsable du syndicat autonome des pompiers professionnels et des personnels administratifs et techniques spécialisés, l'engagement trop timoré de l'Etat a des effets notables dans le département, où la collectivité ne peut assurer seule une montée en puissance des moyens pour répondre à une activité en augmentation constante.
« On nous a fait des promesses […] mais on ne voit rien avancer »
Après les mégafeux de 2022, l'Etat avait pourtant engagé un renforcement des moyens de lutte contre les feux de forêt à travers le pacte capacitaire, dont le Gers bénéficie encore aujourd'hui. Dernièrement, le département s'est ainsi vu livrer un nouveau camion-citerne – le cinquième véhicule d'une série de dix à livrer – dont le coût de 420 000 euros est financé à plus de 60% par l'Etat. Un leurre dénonce Yannick Martuaing, qui pointe de son côté l'état de la centaine des véhicules, les autres, du parc gersois.
Autre point noir selon le responsable syndical, les bâtiments, et notamment la caserne d'Auch, objet de promesses qui tardent à prendre chair. « On nous a fait des promesses comme quoi on aurait une caserne neuve en 2027, mais on ne voit rien avancer. Rien n'aboutira en 2027, alors que ce sont des conditions de travail qui ne sont pas du tout à la hauteur des besoins au quotidien ».
Une problématique d'autant plus importante pour Yannick Martuaing, porte-parole des pompiers professionnels, et qui plaide pour une représentation plus importante des ces derniers. « On a besoin d'un recrutement massif de professionnels. La réponse opérationnelle ne peut pas uniquement reposer sur la bonne volonté et la disponibilité des sapeur-pompiers volontaires qui donnent le meilleur d'eux-mêmes ».
V.M