C'est un nouveau tournant qui s'annonce dans la lutte contre la COVID-19 : l'ouverture dès le mois d'avril de la vaccination aux personnes âgées de 65 à 74 ans, entraînant une intensification massive de la vaccination. Alors que près de 2400 injections sont réalisées actuellement dans le Gers chaque semaine, ce chiffre devrait être amené à tripler dès le mois d'avril grâce à une livraison conséquente des doses de vaccin Pfizer d'ici la fin du mois et ainsi permettre permettre de réaliser 6500 vaccinations hebdomadaires. Objectif pour les autorités gersoises : vacciner 30% de la population gersoise, soit près de 60 000 personnes à la fin du mois d'avril. Un coup d'accélérateur dans la stratégie vaccinale qui nécessite de revoir l'organisation déployée jusqu'alors. On fait le point avec Xavier Brunetière, préfet du Gers.
M.le Préfet, comment évolue la situation sanitaire dans le département ?
“Depuis le 10 février, nous avons un taux d'incidence qui est deux fois inférieur à celui que nous avions connu en janvier. C'est-à-dire de l'ordre de l'ordre de 60 à 80. A titre de comparaison, il était de l'ordre de 150 à 180 en janvier. Nous restons au dessus du seuil d'alerte, mais nous avons sensiblement baissé ce taux grâce à l'effort collectif.”
Le Gers a le taux d'incidence le plus faible d'Occitanie, le 3e plus faible à l'échelle nationale, comment expliquer ces chiffres encourageants ?
“Cela s'explique déjà par le couvre-feu, mais également par le respect par les gersoises et gersois, à savoir le port du masque et le respect des gestes barrières. Grâce aussi à la vaccination. On constate depuis le début de la campagne de vaccination une forte baisse du nombre de clusters, en particulier dans les EHPAD.”
La campagne de vaccination va connaître une accélération soudaine dans quelques semaines, comment cela va s'organiser ?
"Dès la fin du mois de mars, nous allons augmenter le nombre d'injections sur chaque ligne de vaccination. Nous allons passer de 120 à 150 injections par ligne de vaccination dans les centres. A compter des semaines suivantes, nous allons augmenter le nombre de lignes de vaccination. Jusqu'à présent, nous avions au maximum deux lignes, une ligne de première injection et une ligne de rappel dans chaque centre en même temps. Là, nous allons être amenés à doubler, tripler, voire aller beaucoup plus loin sur certains centres pour pouvoir vacciner beaucoup plus rapidement. Car le nombre de doses du vaccin Pfizer et BioNTech va au moins tripler au mois d'avril.
Vous allez notamment devoir doubler le nombre de centres de vaccination permanents....
“Nous avions pour l'instant six centres permanents et six centres de renfort de premier niveau et six centres de vaccination complémentaires. Là, nous allons être amenés à passer les centres de premier niveau et de renforts en centres permanents. Ils seront donc ouverts une fois par semaine de manière permanente avec un nombre de lignes de vaccination aussi soutenues.”
La suspension provisoire du vaccin Astrazeneca a-t-elle des incidences pour le Gers ?
“Depuis que le vaccin Astrazeneca a été ouvert pour les médecines de villes et les pharmaciens, plus de 3000 personnes ont pu bénéficier du vaccin. Les professionnels de santé, les médecins, sont très mobilisés pour utiliser l'Astrazeneca dans les officines ou dans leurs cabinets. Donc, la suspension de l'Astrazeneca conduit effectivement à suspendre ce type de vaccination, qui des chiffres que je viens de donner, montrent que cela répond à une vraie attente.”
Face à cette situation sanitaire encourageante pour sur le territoire, envisagez-vous de lever certaines restrictions et de réouvir notamment les lieux culturels comme cela est demandé par un collectif qui occupe actuellement le Dôme de Gascogne et Ciné 32 ?
“Actuellement la situation sanitaire par rapport à celle de janvier est certes meilleure. Mais, il ne faut pas oublier que nous restons au dessus du seuil d'alerte. Cela veut dire que la situation peut très vite changer. Donc, il faut rester extrêmement prudent. Lorsque j'ai reçu les acteurs de la culture qui avaient manifesté récemment à Auch pour demander la reprise d'activité, je m'étais engagé à rappeler ce qu'il était possible de faire. Il existe notamment la possibilité de donner des spectacles en milieu scolaire aux élèves dans les salles polyvalentes. Nous sommes avec l'inspecteur d'académie en train de diffuser un message en ce sens. Il y a d'autres discussions qui sont en cours au niveau national avec le monde de la culture notamment sur la question de la réouverture des lieux culturels.”
E.R