Ils devaient être une quarantaine dans les serres à travailler les plantes en cette saison. Ils ne sont plus que 15, chômage technique oblige pour cause de crise sanitaire mondiale. Pour les Serres du Cédon à Pavie, la pandémie de coronavirus a un double impact sur l'entreprise familiale. En plus de sa pépinière, Matthieu Carté, le gérant, doit aussi venir en aide à son père Pierre, qui tient lui aussi une pépinière à Fleurance. "Toutes les cultures qu'on devait faire partir dans les prochains jours sont encore dans nos serres. Il faut limiter les arrosages, contrôler la qualité pour essayer de les garder le plus longtemps possible dans nos serres sinon on va être obligé de tout jeter". Soit 4 millions de fleurs. "On a limité le personnel d'un point de vue économique. Parce que forcément il n'y a plus de commercialisation, ni de vente, les jardineries sont fermées". D'autant que cet épisode de crise sans précédent tombe au plus mauvais des moments : le printemps représente une période clé dans l'économie de son entreprise. "C'est 72% du chiffre d'affaire de l'année. Sur le mois de mars, on a perdu 20% du chiffre total. Là, ces stocks, on va devoir les jeter parce que ce sont des quantités énormes, et cultiver à nouveau. Si on veut vendre en mai et juin, il faut continuer à rempoter mais on a pas d'espace donc pour les plantes qui commencent à s'abîmer, on ne peut plus rien en faire". "C'est malheureux d'un point de vue économique, comme beaucoup d'autres entreprises dans le pays. Mais la priorité aujourd'hui, c'est de vaincre ce virus le plus rapidement possible". Matthieu va aussi proposer dans les prochains jours une livraison à domicile de plantes, dans un rayon de 20 km pour commencer, autour d'Auch en collaboration avec les établissements Dumont.