Covid-19 : sans aide de l'Etat, un traiteur gersois peine à maintenir son activité

Lancer son exploitation en pleine période de Covid-19, un pari risqué. Un Gersois de 37 ans, Cédric Grégnanin, a pu s'en rendre compte. Ce cuisinier de formation a repris en mars 2020 « Le cuisinier gourmet ». Un traiteur, à Gabarret. Avec un investissement de fonds propres à hauteur de 55 000 euros, la crise sanitaire est venue briser les espoirs de Cédric : 10 jours après sa création, le confinement est venu mettre un coup d'arrêt précoce à son entreprise. Le Gondrinois a donc décidé de créer son laboratoire de vente-à-emporter. « Un concept qui a très bien fonctionné jusqu'à l'été, période où les restaurants ont rouvert leurs portes. J'ai conservé une clientèle assez fidèle et je me suis diversifié en faisant des marchés ». Estang ou Eauze pour ne citer qu'eux. L'activité fonctionne à plein régime mais une nouvelle mesure gouvernementale vient mettre un énième coup d'arrêt à son activité : le passe sanitaire. « C'est 30 % de clients en moins avec une perte estimée à 10 000 euros, uniquement entre le 10 décembre et le 15 janvier. Les rendez-vous pris pour le réveillon de la Saint-Sylvestre ont été annulés quelque jours plus tôt ou encore les vœux des maires prévus en janvier, comme à Marambat ».
 
Aucune aide possible
Pour ne rien arranger, Cédric apprend qu'il ne dispose d'aucune aide pour pallier aux pertes économiques.« L'ancien président du Gers, Philippe Martin, a envoyé une lettre au préfet pour le solliciter. J'ai envoyé jeudi un message au cabinet du préfet, qui m'a orienté vers les finances publiques. Elles m'ont contacté vendredi matin ». Mais ces aides « coûts fixes rebond » concernent les sociétés créées jusqu'au 31 janvier 2021, le "cuisinier gourmet" a été immatriculé deux mois plus tard. « Même avec ces nouvelles aides, je ne fais pas partie de la configuration des aides de l'Etat. On m'a donné un numéro national mais déjà à l'échelle départementale, c'est compliqué. La seule solution, ce sont les prêts garantis par l’État, que la banque n'est pas obligée d'accepter. On revient toujours au point de départ en fait ».
 
S'il espère aujourd'hui un dédommagement, il attend surtout que quelqu'un étudie son dossier. « Mon métier me tient à cœur, toutes mes économies personnelles sont là-dedans. Ça me ferait mal au cœur d'arrêter. »
N.M