Avec une hausse de 18,5 % des ventes de voitures neuves en juin 2020, le Gers est le deuxième département d’Occitanie dans les statistiques du Conseil national des professionnels de l’automobile. Un effet post-covid se cache derrière ce bilan positif. La crise sanitaire tend aussi à l'essor d'une motorisation plus "écolo". Entretien avec Christophe Dartus, le président du CNPA du Gers.
Cette progression de vente de véhicules neufs est à relativiser avec la crise sanitaire ?
Bien sûr, quand on a des chiffres il faut les interpréter. Par contre les signaux sont assez positifs. Dans ces résultats on a pu voir que les immatriculations des véhicules qui devaient être livrés ont été livrés. Ils ont été bloqués pendant deux mois, mais il y avait un portefeuille de commandes. On a vu aussi une très grosse dynamique en terme de fréquentation avec un effet post-covid, les concessions ont eu des niveaux élevés de prises de commandes, combinées par l'animation commerciale mise en place avec la prime à la conversion et à côté des constructeurs qui ont mis de très gros moyens pour commercialiser les véhicules et lancer leur unité de production. Dans le Gers, les concessionnaires ont tout distribué d'entrée, les aides de constructeur ou de l'Etat, traduisant ces bons résultats avec plus de 18% de progression par rapport à l'an dernier.
Ce sont les seules explications, ou cet effet « covid » d'un point de vue plus sociologique, a donné envie de s'évader ?
Il y a plusieurs effets combinés, oui. Ce qu'on vient de vivre est un choc avec plusieurs dimensions. Les consommateurs ont besoin de retrouver quelques repères, il y a eu aussi ce besoin de s'épanouir dans le remplacement d'une voiture. Il y a aussi la période où juste avant les vacances les gens commandent des véhicules. Ça fait partie des éléments déclencheurs.
Des évolutions à noter sur le type de véhicule commandé ?
On n'a pas encore tout analysé en terme de marques. Mais on voit que les gens se dirigent vers du véhicule propre, on va vers l'électrification des véhicules. Il y a une prise de conscience, tout est en train de changer. Des engins plus propres et plus économiques avec une fiscalité un peu moins lourde.
Des chiffres pour l'illustrer ?
Le marché reste encore confidentiel et se situe en-dessous des 5% du volume. Mais les véhicules hybrides, tous les constructeurs en proposent donc on s'y oriente même si le développement des nouvelles énergies a été ralenti par cet épisode de crise. On va voir apparaître des véhicules qui auront d'autres moyens de fonctionnement très bientôt.
On dit le Gers très « écolo ». Peut-il devenir la vitrine des véhicules propres dans le futur ?
Ce serait une belle vitrine. Après il faut s'adapter à notre situation géographique, on aura toujours besoin des véhicules thermiques parce qu'on aura pas assez d'autonomie avec les autres et de réseau routier. On est pas encore dans cette ère.
La motorisation diesel est toujours la plus plébiscitée dans le Gers?
Oui. Parce qu'on a toujours ce problème de distance et puis c'est une habitude. Même si l'effet Covid a fait beaucoup réfléchir, et que l'on voit une orientation différente sur la motorisation.
Propos recueillis par N.M