Champion d'Occitanie et tout récemment champion de France, Léo Guillard réalise une année 2023 sensationnelle, dans un sport qu'il découvre seulement depuis 2 ans. Place dans quelques jours au Championnat d'Europe en Hongrie.
Sans faire de vague, Léo Guillard, s'affirme à tout juste 14 ans, comme un grand espoir du wake-board français. Ce sport nautique, mélange de surf, de skate, et de ski nautique, consiste à enchaîner les figures sur une courte planche de surf tractés par un système de câble. Après avoir été champion d'Occitanie en mai dernier, ce jeune gersois, natif de Pujaudran, est devenu le mois dernier champion de France de « câble wakeboard » dans sa catégorie (U14), déjouant tous les pronostics.
« Ce titre de champion de France, j'ai encore du mal à réaliser. C'est assez incroyable de me dire qu'il y a à peine deux ans je faisais mes premiers modules et aujourd'hui que je sois devenu champion de France. Mon but à la base c'était de rencontrer les grands champions de ma catégorie, et dire qu'aujourd'hui, je combat face à eux, j'ai encore du mal à en prendre conscience », confie le jeune athlète gersois.
Une initiation grâce à des « tutos » sur You-Tube
Une performance « majuscule », d'autant que le jeune adolescent baigne dans l'univers du wake-board depuis seulement deux ans. « Autodidacte, il a commencé à s'initier à la discipline avec des vidéos sur la toile, qui mettait en application sur la base de loisirs de l'Isle-Jourdain au Téléski-nautique du Gers (TNG), son terrain de jeu quotidien. Une initiation qui n'a pas été de tout repos, avec plusieurs grosses blessures. Des blessures qui n'ont pas freiné sa motivation. Face à des qualités innées, mais un manque de formation, ses parents ont décidé de tout mettre en place pour peaufiner sa technique. Accompagné depuis plusieurs mois par une légende française de la discipline, Clément-Noël Dominjon, champion du monde en 2016, le jeune rider gersois a également multiplié les stages de perfectionnement en France et à l'étranger. Un pari réussi, avec une année 2023 riche en succès sur la scène nationale, mais également internationale avec une 1re place aux championnats de "câble wakeboard" des Émirats arabes unis, en mai dernier.
Les championnats d'Europe dans le viseur
Son titre de champion de France lui ouvre les portes de l’Équipe de France, avec laquelle il doit disputer à la fin du mois d'août les Championnats d'Europe, qui se dérouleront à Budapest en Hongrie. Un événement dans lequel le Gersois vise « un top 5 ».
A la recherche de sponsors
Après ses championnats d'Europe, le jeune sportif gersois s'attend à vivre dans les prochains mois un véritable tremplin dans sa carrière. Il évoluera dès la saison prochaine dans une catégorie d'âge supérieure (U18) avec des adversaires face à lui beaucoup plus âgés. Face à un niveau qui va s'élever et des échéances qui vont se multiplier sur la scène internationale, ses parents vont créer une association destinée à accompagner financièrement la carrière de leur jeune protégé. La fédération ne disposant pas de « pôle espoir » et de « moyens financiers limité », ce sont ses parents qui assument jusqu'alors financièrement les frais logistiques, ce qui représentent un investissement financier assez conséquent. Entre les participations aux compétitions, les déplacements, les hôtels, les stages de perfectionnement, les adhésions dans les wake-park, le coach, la facture s'élève à plusieurs milliers d'euros chaque année. Une facture qui devrait encore grimper au vu de ses prochaines échéances et de ses ambitions de cheminer vers le circuit professionnel. Pour bénéficier de conditions d'entraînement optimales, Léo fait donc appel au mécénat populaire.
L'espoir d'être reconnu « sportif de haut-niveau »
Autre point à régler dans la suite de sa carrière : l'organisation de sa scolarité. Le jeune pujaudranais, qui s'entraîne trois à quatre heures par jour, et qui est amené à voyager régulièrement aux quatre coins du monde dans le cadre de sa carrière sportive, ne bénéficie pas actuellement d'un statut « d'athlète de haut-niveau ». Ce qui ne lui permet pas de bénéficier d'un aménagement de son temps scolaire. Un vrai handicap à l'heure où les entraînements et les compétitions vont s'intensifier pour le jeune collégien qui entrera en classe de 3e à la rentrée.
Place dans quelques jours au Championnat d'Europe, où Léo Guillard espère « surfer » sur sa bonne dynamique et clôturer en apothéose une année 2023 qui n'est pas prêt d'oublier.
E.R