Capable d'embarquer près de 10 000 litres d'eau : le SDIS 32 enregistre un renfort de poids dans la lutte contre les incendies

Livré mardi 18 août au centre d’incendie et de secours de Condom, le camion-citerne feux de forêts super vient renforcer les moyens des pompiers gersois face à un risque de feux de forêt appelé à s’intensifier avec le changement climatique. Un renfort majeur face aux feux de fôret et de végatation, et aux incendies industriels, capable d'embarquer près de 10 000 litres d'eau. 

Il est difficile de le manquer. Avec ses dimensions imposantes et sa capacité de stockage de près de 10 000 litres d’eau, le nouveau véhicule du Service départemental d’incendie et de secours du Gers est désormais le plus gros engin tout-terrain du département dédié à la lutte contre les feux de forêt et de végétation.

Livré cette semaine au centre d’incendie et de secours de Condom, ce camion-citerne feux de forêts super offre aux sapeurs-pompiers gersois une capacité d’emport en eau inédite. Un atout précieux pour faire face à l'augmentation du risque de feux de forêts et d'espaces naturels. 

Attaquer les feux tout en protégeant les équipages

Le véhicule est notamment équipé d’un canon permettant aux pompiers d’attaquer un incendie tout en restant à bord et à l’abri du rayonnement thermique. « Il possède une capacité d’emport de 9 700 litres et est équipé d’un canon qui permet à l’équipage de rester à bord du véhicule pour attaquer des feux très virulents en se protégeant. Le canon peut être utilisé jusqu’à une distance d’environ 80 mètres », explique le colonel Jean-Louis Ferres, directeur du SDIS 32. Un équipement particulièrement adapté aux feux de forêt, mais qui peut également être engagé sur des feux industriels.

Dix nouveaux véhicules pour le Gers grâce au pacte capacitaire

Le véhicule représente un investissement de 420 000 euros, financé à plus de 60 % par l’État dans le cadre du Pacte capacitaire. Lancé après les mégafeux de l’été 2022, ce dispositif national vise à renforcer les moyens des services départementaux d’incendie et de secours face à l’augmentation du risque de feux de forêt et aux conséquences du changement climatique. Dans le Gers, le Pacte capacitaire prévoit le financement de 10 nouveaux engins, pour un montant total de 2,4 millions d’euros. L’État mobilise 1,5 million d’euros, le reste étant pris en charge par le Département.

Le camion livré à Condom est le cinquième engin financé dans ce cadre à rejoindre le parc du SDIS 32. Les cinq autres doivent être livrés progressivement d’ici la fin de l’année 2027. Un deuxième camion-citerne feux de forêts super doit par ailleurs rejoindre le centre de secours de L’Isle-Jourdain d’ici la fin de l’année. « Le Pacte capacitaire part d’un constat : le réchauffement climatique va augmenter le risque de feux de forêts et d’espaces naturels. Il y a donc besoin de consolider notre modèle de sécurité civile et de venir en appui des départements, qui sont aujourd’hui les principaux financeurs des services d’incendie et de secours », souligne Cédric Kari-Herkner, secrétaire général de la préfecture du Gers. 

Deux fois plus de spécialistes des feux de forêt dans le Gers

Au-delà du matériel, le SDIS 32 renforce également ses effectifs spécialisés. En quatre ans, le nombre de sapeurs-pompiers formés spécifiquement à la lutte contre les feux de forêt a quasiment doublé. Ils étaient 120 en 2022. Ils sont désormais 230. Et le mouvement doit se poursuivre. « Notre objectif est de former l’intégralité d’entre eux, soit les 1300 sapeurs-pompiers du Gers. Il faudra un petit peu de temps, et pas mal de budget, car permettre à l’ensemble des effectifs de disposer de cette formation spécialisée a un coût. Mais aujourd’hui, cela devient incontournable », estime le directeur du SDIS 32.

Une nécessité que les pompiers gersois ont encore pu mesurer cet été, dans le département mais aussi lors des renforts envoyés dans d’autres territoires touchés par d'importants incendies.

Plus de candidats pour devenir pompier volontaire

Dans ce contexte, le SDIS 32 constate également une hausse récente des candidatures pour devenir sapeur-pompier volontaire. « On observe effectivement cet été une hausse des candidatures », confirme Jean-Louis Ferres. Hommes et femmes, jeunes ou moins jeunes : les profils des candidatures sont variés dans les centres de secours.

Cette mobilisation ne se traduit toutefois pas immédiatement par l’arrivée de nouveaux pompiers opérationnels. "Les candidats doivent encore passer par différentes étapes administratives et médicales. Puis par une phase de formation avant de pouvoir être opérationnel", souligne le colonel Jean-Louis-Ferres. 

Pour le directeur du SDIS 32, cette hausse traduit néanmoins une véritable prise de conscience face à l'évolution du risque. Et le besoin de renforts devrait continuer à s’accentuer. Avec des épisodes de chaleur et de sécheresse plus fréquents et plus intenses, le nombre et la violence des incendies pourraient continuer à progresser dans les prochaines années dans le pays.

E.R