Candidature du Pic du Midi à l'Unesco : « garantir que ce modèle perdure », alliant tourisme et science  

C'est désormais entre les mains du Comité du patrimoine mondial de l'Unesco. La candidature du Pic du Midi et son observatoire est désormais officiellement déposée et sera examinée lors de la 49e session du comité en juillet 2027. En attendant le co-directeur du groupement d'intérêt public du Pic du Midi, Nicolas Bourgeois, estime que le site a toutes ses chances. Entretien.

Quelles sont les prochaines étapes en attendant la session du Comité du patrimoine mondial de l'Unesco ?
Les prochaines étapes c'est 18 mois d'instruction internationale. Là c'est le Comité du patrimoine mondial de l'Unesco qui s'organisent pour nous évaluer avec deux grands moments. D'abord une évaluation de la démonstration de notre valeur universelle exceptionnelle par plusieurs experts nommés à l'international. Ensuite une évaluation de terrain, un expert qui viendra au courant de l'été pour vérifier que tout ce que les éléments que l'on présente sont bien présents sur le terrain. Un rapport sera ensuite émis au printemps 2027 puis présenté au Comité international du patrimoine mondial qui statuera à l'été 2027. Ce n'est qu'à ce moment-là que nous aurons la réponse officielle. Quoiqu'il arrive, c'est le pays qui est candidat au devant du patrimoine mondial. Donc c'est vraiment la France qui sera candidate devant les Nations Unies pour cette année 2027 avec le Pic du Midi et son observatoire.
Vous parlez de valeur universelle exceptionnelle, quelle est celle du Pic du Midi et son observatoire ?
Ce qu'on présente c'est cette symbiose entre les mondes des acteurs locaux, du tourisme et de la science. On sait très bien que ce modèle reste fragile car il demande énormément d'engagement, de volonté et de stratégie.
L'université de Toulouse elle assure le développement des activités scientifiques de l'observatoire du Pic du Midi, qui est je le rappelle le premier et le plus ancien observatoire de haute montagne du monde. C'est ça qui est je pense très beau dans ce projet, on a au sein d'une même structure le monde universitaire et scientifique et le monde des acteurs locaux, ce qui est assez exceptionnel.
Vous soulignez le modèle économique du Pic du Midi qui est assez original : le tourisme pour financer la science
Les sites culturels et les grands patrimoines ont des problèmes pour générer une économie et avoir des recettes qui leur permette d'entretenir leur patrimoine. Le Pic du Midi a un modèle de valorisation touristique qui produit une économie qui permet de faire fonctionner et d'entretenir ce patrimoine. L'avenir du Pic du Midi dans tous les cas aujourd'hui c'est l'engagement de l'université et de l'observatoire Midi-Pyrénées d'un côté et des collectivités de l'autre. Avant d'être un patrimoine mondial c'est un patrimoine pour eux. C'est le plus grand observatoire de France doté de 150 ans d'histoire, un réel marqueur identitaire. Il faut que ça perdure. Devant l'Unesco c'est l'Etat qui se responsabilise au devant de toutes les nations unies pour que ce modèle ne soit jamais mis en péril.
Que représenterait pour l'avenir du site une reconnaissance au patrimoine mondial de l'Unesco ?
C'est cette forme de garantie supplémentaire à la continuité de ce qu'est l'observatoire aujourd'hui. Il y a une grande question souvent posée, celle des conséquences sur le territoire d'une inscription au patrimoine mondial de l'Unesco. Il y a une sorte de légende urbaine notamment des 30% d'augmentation de la fréquentation. Par nature le Pic du Midi est un site international car la science se fait à l'international. Il y a une dimension internationale qui va forcément augmenter auprès du grand public mais le but n'est pas de révolutionner un territoire. C'est que le site va être conservé dans ses fondamentaux : la science et la valorisation touristique qui permet de faire fonctionner cet observatoire. Il peut y avoir une internationalisation, de la fréquentation supplémentaire, mais ce n'est pas directement ce qui est souhaité par les acteurs.
N.B
Crédit photo : ©Jean-Francois Graffand