A la suite de la fermeture de la Clinique de Gascogne à Auch, la question se posait quant à la continuité de l'offre de soins en urologie dans le département du Gers. Le Centre Hospitalier d'Auch proposera à compter du 15 septembre des consultations, dispensées par deux professionnels du Centre Hospitalier Universitaire de Toulouse. Avant une montée en puissance progressive.
Il n'est pas encore question d'un service complet mais c'est un début pour le département du Gers. « On attendait de mettre en place cette activité d'urologie suite à la fermeture de la Clinique de Gascogne, qui l'assurait seule pour le territoire du Gers. On a très rapidement été en contact avec le CHU de Toulouse pour instaurer cette activité et permettre d'assurer l'offre de soins sur le territoire » annonce Sylvie Lacarrière, directrice du Centre Hospitalier d'Auch. Un constat secondé par le Professeur Mathieu Roumiguié, chirurgien urologue au CHU de Toulouse et principal lien entre les deux établissements. « Nous sommes à Auch pour mettre en place un service d'urologie public. On est confronté à la prise en charge de patients qui sont obligés de se déplacer jusqu'à Toulouse, puisqu'il n'y a plus d'offre publique dans le Gers. L'idée c'est de proposer une alternative à ces patients et d'être présents sur le CH d'Auch (CHA) pour assurer une consultation et répondre aux besoins ». Il n'est encore question pour le moment que de consultations hebdomadaires (le vendredi) à compter du 15 septembre, mais une montée en charge progressive est prévue.
Des actes dits « simples » pourront dans un premier temps être effectués à Auch, laissant à Toulouse les tâches plus complexes et nécessitant un suivi plus poussé, une fois le lancement des actes « ambulatoires », qui devrait être mis en place début 2024. Histoire de continuer à décharger les hôpitaux toulousains et d'offrir aux Gersois un service en urologie de plus en plus opérationnel.
Avec l'horizon du nouvel hôpital, faire émerger des praticiens gersois en vue de la création d'un service d'urologie autonome à Auch
Originaire du département comme sa consoeur, le Dr.Isabelle Bolzonella, avec qui il forme le duo qui assurera dans un premier temps le service de consultation, le Pr.Roumiguié souhaite « redorer le blason de l'urologie gersoise auprès de sa population ». La (re)construction d'une offre complète prendra du temps mais « l'idée est de pouvoir faire sortir des jeunes de notre département du CHU, qui viendront avoir une activité plus pérenne, voire s'installer à Auch pour créer un service d'urologie avec les horizons qu'on connait du nouvel hôpital ». En attendant, la présence récurrente de deux médecins-chirurgiens revêt un intérêt non-négligeable pour les différentes spécialités du CH auscitain. « On a besoin de l'urologue [...] pour nous aiguiller. Le réseau est déjà fonctionnel avec Toulouse mais cette proximité va rassurer et sécuriser des prises en charge de proximité » indique le Dr.Willy Vaillant, président de la commission médicale d'établissement du CHA.
Un constat d'autant plus pregnant en matière de prise en charge des cancers, les deux praticiens possédant aussi une spécialisation en oncologie. « L'activité cancérologique est maitrisée par la plupart des chirurgiens, ce n'est pas complexe. Mais c'est l'intérêt du CHU, apporter sa petite touche lorsque les cas sont complexes, ce qui peut arriver dans un bassin de patients standards. On assurera l'urologie, y compris dans son versant cancérologique, évidemment avec une bonne qualité de prise en charge », assure le Dr.Bolzonella.
C'est peut-être là le maître-mot de cette invitation à la presse : rassurer les Gersois sur la qualité de l'offre de soins disponible à l'échelle du département, délivrée par des praticiens reconnus, du CHU de Toulouse.
Photo (de gauche à droite) : Dr.Vaillant (PCME du CHA), les deux praticiens, Dr.Bolzonella et Pr.Roumiguié, Sylvie Lacarrière (Directrice du CHA), Christian Laffargue (Directeur des affaires médicales).
V.M