Agen : un collectif pour soutenir l'école du Théâtre du Jour menacée de fermeture

La menace d'une fermeture à la fin de l'année scolaire plane depuis plusieurs semaines sur l'école du Théâtre du Jour d'Agen (Lot-et-Garonne). L'avenir de l'établissement créé en 1994 par le comédien et metteur en scène Pierre Debauche s'est assombri avec le retrait, il y a deux ans par le ministère de l'enseignement supérieur, de l'agrément pour délivrer le DNSPC (Diplôme National Supérieur Professionnel de Comédien). S'en est alors suivi une baisse des subventions de la part du conseil régional de Nouvelle-Aquitaine et du conseil départemental du Lot-et-Garonne. Le financement du théâtre école Aquitaine est au devenu au fil du temps incertain. Ce vendredi, la direction de l'école, présidée par Claude Rozes, rencontrera des représentants du Conseil Régional pour espérer obtenir des financements et éviter ainsi la fermeture de l'école. La question sera très sûrement au cœur de la prochaine Assemblée Générale de l'établissement. [MAJ Elle devait se tenir lundi prochain, mais a été reportée ce jeudi à une date ultérieure à la demande du collectif de défense de l'école du Théâtre du Jour.]

Depuis ces dernières semaines, des étudiants se mobilisent pour défendre ce lieu culturel agenais. L'établissement forme chaque année entre une vingtaine et trentaine d'élèves. Le 9 février dernier par exemple, certains étudiants avaient manifesté sous les fenêtres de la DRAC (Direction Régionale des Affaires Culturelles) de Bordeaux qui avait retiré ses subventions à l'école. Et mardi dernier, un collectif de soutien s'est formé autour des acteurs, comédiens et anciens parrains de promotions Elsa Lepoivre, Jean-Claude Drouot et Benoît Solès, ainsi que de l'ancienne adjointe chargée de la culture à la mairie d'Agen (entre 2001 et 2008), Patricia Prioux-Henry :

« Ce qui nous paraît important, c'est de réveiller les consciences sur à la fois sur la qualité de cette école, sa singularité, et le fait qu'elle soit basée à Agen, une ville moyenne de province, ce qui est une exception pour les écoles d'art dramatique. Son fondateur Pierre Debauche, qui est un grand homme de théâtre, s'est battu toute sa vie pour que l'école perdure.

Depuis 1994, de nombreux comédiens sont sortis de cette école et sont reconnus. Je pense à Benoît Solès, nominé aux Molières pour "La Machine de Turing", ou encore à Elsa Lepoivre, membre de la Comédie Française. »

Le collectif veut également attirer l'attention des Agenais et des élus sur la pédagogie qui représente l'une des particularités de cette école, explique Patricia Prioux-Henry :

« La pédagogie de cette école permet aux étudiants d'avoir à la fois des cours le matin, de répéter l'après-midi, et de jouer devant les spectateurs le soir. Cela donne à Agen et à son agglomération une offre culturelle inégalable. Si on perd l'école du Théâtre du Jour, on perd non seulement la richesse des étudiants, mais aussi une partie du poumon culturel de la ville d'Agen. Cela nous paraît inimaginable. »

Le collectif de défense de l'école théâtre Aquitaine a créé sa page Facebook et est aussi joignable par mail à collectifdefensetea@gmail.com.

F.P.

Crédit photo : Google Streetview