Abattoir d'Auch : les cartes sont redistribuées dans le dossier de reprise

L'annonce avait fait l'effet du bombe en juin dernier. En mauvaise posture déjà avant la crise sanitaire, le groupe Arcadie Sud-Ouest, un groupe d’abattage et de transformation, avait annoncé sa mise en redressement judiciaire le 30 juin dernier. Sur le dossier, le syndicat de l’Union Départementale Force Ouvrière a dû mener sa propre enquête, faute de rendez-vous avec les collectivités locales, notamment auprès de la fédération FO du secteur viande et auprès du Tribunal de Commerce de Montpellier. "Il en ressort que le repreneur devait être désigné le 22 juillet dernier. Le Juge a décidé de prolonger d’un mois -25 août- la désignation d’un repreneur. Ces derniers ont jusqu’au 5 août pour déposer leurs offres" indique le syndicat. Selon FO toujours, le groupe Bigard était sur les rangs et pourrait reprendre 6 sites du groupe dont Auch. Quid des salariés? L'abbatoir de la commune emploie actuellement 67 personnes et les emplois ne seraient pas menacés d’après le délégué syndical FO du groupe Bigard. "FO a fait savoir aux salariés que nous sommes à leurs côtés pour continuer à les informer et à les défendre comme nous l’avons fait lors de la fermeture du site de la base Intermarché à Lectour. Sur ce site, nous avons déposé et gagné plus de 60 dossiers auprès des Prud’hommes d’Auch et en Cour d’Appel d’Agen. Pour FO Gers l’inquiétude réside dans le fait que nous avons eu vent qu’Intermarché serait sur les rangs. Pour avoir affronté les dirigeants de cette enseigne et se rappeler comment elle a géré le transfert de la base logistique de Lectoure, nous sommes très inquiets sur la gestion des ressources humaines, s’il devait être propriétaire des abattoirs. Nous restons vigilants sur l’avenir des abattoirs d’Auch. Il faut se rappeler qu’ une nouvelle société a été créée, la Société d’ Elevage pour une Economie Dynamique en 2015 afin de « faire tourner l’abattoir ». Cette société est composée de l’ADEL (Eleveurs), Arcadie, Gers Bœuf et Sodéco. Grand Auch Agglomération a racheté les locaux afin de rénover l’outil de production et de pouvoir maintenir l’activité sur Auch. Déjà en 2014, le Préfet de l’époque était très inquiet et notait que la société Arcadie voulait bien rester sur Auch à la condition de baisser leur tonnage à 4500 tonnes et qu’elle soit aidée des pouvoirs publics. On constate un résultat calamiteux 6 ans après cette déclaration". Affaire à suivre. 

ABRISUD, l'autre dossier qui fâche

Si le syndicat espère y voir un peu plus clair dans le dossier de l'abattoir d'Auch, FO s'inquiète aussi du sort de la société lsiloise Abrisud. "Nos élus Force Ouvrière nous ont appris qu’un Comité Social et Economique Extraordinaire s’est tenu le 8 juillet dernier avec pour ordre du jour la cession de l’entreprise à l’enseigne Akena (...) La vente devait être très rapide car la signature devait avoir lieu le mercredi 22 juillet. Devant tant d’empressement FO a demandé plus de précision quant à l’avenir des quelques 300 salariés. La seule garantie, s’il devait y en avoir une, est que si les emplois devaient être impacté; un nouveau CSE serait convoqué. Donc aucune garantie sur l’emploi. Ce lundi 27 juillet, une réunion s’est faite sur le site de l’Isle-Jourdain avec l’ensemble des poseurs, pour les informer que le repreneur pourrait leur attribuer un secteur de travail bien défini. Par exemple, un salarié qui réside à l’Isle-Jourdain pourrait se voir attribuer comme « lieu de travail » Lyon et sa périphérie ou bien plus loin. Ainsi il n’aurait plus droit aux frais de déplacements et autres primes grands déplacements. Ainsi ce salarié devra choisir, soit de résider sur son nouveau secteur avec tout ce que cela implique (éloignement familial, frais etc.) et perte de pouvoir d’achat, soit de quitter la société. On découvre bien qu’il y aura un problème suite à cette cession gratuite à AKENA. Effectivement, l’effet COVID leur a été très favorable car cette société a été indemnisée 1 million d’euros et l’achat leur a couté 1 million d’euros. Nous sommes d’autant plus vigilants que AKENA s’est porté acquéreur de l’enseigne AZENCO, spécialisé justement dans les abris piscines. Force Ouvrière tient à rappeler que la CFDT, majoritaire au sein d’ABRISUD a signé des deux mains cet accord qui va mettre environ 300 salariés dans une situation, nous en sommes certains, très précaires."

Dès début septembre, Force Ouvrière organisera une assemblée générale sur le site de l’Isle-Jourdain pour donner des informations complètes aux salariés. Il est possible que l’activité de l’entreprise soit paralysée si les emplois et l’outil de travail étaient menacés.

N.M