À 79 ans, Monique lance un cri d’alarme face à la vie chère : « Comment vais-je faire pour me chauffer cet hiver ? »

À Seissan dans le Gers, Monique, 79 ans, vit avec une retraite de 1 372 euros par mois. Entre les factures, le coût du chauffage au fioul, les difficultés à se déplacer et les frais de santé, cette retraitée vivant seule ne parvient plus à joindre les deux bouts. À l’approche de l’hiver, elle pousse un coup de gueule et dénonce l’isolement des personnes âgées en milieu rural, qui se sentent de plus en plus oubliées.

C'est un coup de gueule qu'a voulu pousser Monique. « Surtout pour nous, les anciens. » Cette femme de 79 ans a souhaité, face aux manifestations contre la vie chère qui s’enchaînent partout dans l'Hexagone, exprimer son désarroi face à une situation financière devenue difficilement supportable.

531 euros pour vivre après les factures

Avec une retraite mensuelle de 1 372 euros, Monique a fait ses comptes. Une fois le loyer, l’eau, l’électricité et les assurances payés, il ne lui reste que 531 euros pour se nourrir et faire face aux dépenses du quotidien. Une somme qu’elle juge insuffisante pour vivre sereinement, alors que les prix continuent de peser sur son budget. Et le plus inquiétant reste à venir : l’hiver approche, avec son lot de dépenses supplémentaires. « Je me chauffe au fioul, raconte Monique. Si je veux remplir ma cuve c’est 1 000 euros, parce qu’on ne livre pas à moins de 500 litres. Comment je fais ? », s’interroge-t-elle, inquiète de voir les températures baisser le matin et le soir.

« J’ai peur de ne pas pouvoir me chauffer cet hiver »

Malgré ses difficultés, Monique estime ne pas bénéficier d’une aide suffisante. « Seulement 48 euros d’aide à la consommation, car mes revenus dépasseraient le plafond de 100 euros. » Un soutien qu’elle juge dérisoire au regard de ses dépenses et de ses besoins. Sa situation financière pèse également sur sa santé. Diabétique, victime d’un infarctus en 2018 et confrontée à une dépression, elle doit aussi faire face aux frais liés à ses traitements et en milieu rural, se déplacer devient un parcours du combattant. « On parle beaucoup des agriculteurs, des routiers… Mais nous, à Seissan, on n’a pas de transports en commun, pas de train, etc. Comment on fait pour aller chez le docteur ? À l’hôpital ? », lance-t-elle.

« Les ruraux, on est les grands oubliés »

Au-delà de sa situation personnelle, Monique veut alerter sur le quotidien de nombreux retraités vivant en milieu rural. Selon elle, les personnes âgées aux revenus modestes restent trop souvent à l’écart des préoccupations publiques, alors qu’elles subissent de plein fouet la hausse du coût de la vie. « Nous, dans nos milieux ruraux, on est souvent les grands oubliés. »

N.M