Face à la crise sanitaire que la France traverse actuellement, la rédaction de Hit FM Radio s'est intéressée au rôle des agriculteurs du Gers. Ce matin dans nos éditions de la matinée, le président de la chambre d'agriculture du département, Bernard Malabirade, répond aux trois questions de la rédaction. Le monde paysan est -lui aussi- en première ligne.
Les agriculteurs du Gers pourraient-ils être mobilisés comme on a pu le voir récemment en Italie?
Nous n'avons pas été sollicités pour le moment, mais plusieurs agriculteurs m'ont fait savoir qu'ils se tenaient prêts s'il fallait se mobiliser pour désinfecter les rues du chef-lieu, des villages et que la situation redevienne saine le plus rapidement possible. Nous avons les équipements qu'il faut : atomiseurs fruitiers, à vigne mais également des épandeurs de champ qui sont tout à fait adaptés pour traiter ce genre d'espace, pas toujours évident à atteindre. Nous avons également des agriculteurs qui disposent de masques FFP2 et qui les mettent à disposition des forces médicales. Nous sommes vraiment solidaires de cette période difficile.
Vous vous opposez farouchement à la fermeture des marchés de plein vent. Pourquoi?
Aujourd'hui, fermer un marché, c'est cautionner un gaspillage. Alors qu'il y a moyen de faire un marché avec de la distanciation sociale, avec des mesures-barrières, avec des précautions pour éviter que les gens ne se contaminent. Cette polémique, vraiment j'en appelle à la responsabilité de tous les élus qui sont en charge de marché, de faire en sorte qu'ils restent ouverts, et que la population puisse se nourrir par des circuits habituels de consommation.
Et après la crise...
Il y aura cet avant, et cet après. Qu'est qu'on va faire une fois la crise finie? Est-ce que l'on va revenir au fonctionnement d'avant? Avec cet agribashing permanent? A dire toujours que c'était mieux chez les autres? Ou alors : est-ce que l'après va se suivre d'une reconnaissance durable de cette agriculture et de cette production de proximité. Moi, je le souhaite, et je pense que les mentalités vont changer. Les choses vont devenir différentes et demain, l'agriculture va retrouver sa place d'honneur dans le cœur des citoyens français.