C’est un 1 er mai historique qui se profile pour les organisations syndicales. Pour la première fois depuis la Seconde Guerre Mondiale, les Français ne pourront pas célébrer cette année la fête du Travail en défilant dans la rue. En cause bien évidemment : la crise sanitaire que connait le pays et les mesures de confinement en vigueur. Mais, même confinés, les syndicats comptent bien se faire entendre et appellent les citoyens à manifester vendredi devant chez eux, pour ce rendez-vous traditionnel syndical. D’autant que les revendications en cette période de crise sanitaire sont nombreuses selon Eric Cantarutti, secrétaire général de l'Union départemental CGT du Gers, qui dénonce de nombreuses entraves au code du travail "orchestré" par le gouvernement."Cette année, c'est très particulier non seulement par rapport à la crise sanitaire, mais en plus par-dessus le marché par rapport aux attaques qui sont amplifiées dans ce contexte de crise sanitaire. Attaques sur le Code du travail, sur les congés, les repos. Les efforts devraient être demandés à ceux qui ont largement les moyens, sauf que le gouvernement fait le choix encore de taper sur les salariés."
Un lâcher de lanternes vendredi soir pour "éclairer l'avenir"
Et pour commémorer et célébrer cette journée internationale du travail, l’intersyndicale gersoise a été contrainte de s’adapter face à cette situation inédite. Cette année, la mobilisation se fera depuis les balcons et dans les airs ... avec un lâcher de lanternes, vendredi soir. "On va demander à chaque personne qui aura envie de participer à cette commémoration de se munir d'une lanterne chinoise, tous en même temps, à 22h. Pour que les voisins, les amis qui sont autour de votre lieu d'habitation puissent voir partir une lanterne ou deux depuis chez vous. Ça sera un geste de solidarité envers l'ensemble des travailleuses, travailleurs, et des revendications qu'ils ont."
L'intersyndicale souhaite mettre en lumière le 1er mai le rôle crucial des travailleurs en 1ère ligne pendant la crise sanitaire
Un lâcher de lanternes loin d'être anodin. En cette pandémie de Covid-19 , les différentes organisations annoncent vouloir, lors de ce 1er mai, mettre en lumière le rôle crucial des travailleurs en 1ère ligne pendant la crise sanitaire, qui continuent à travailler, le plus souvent au risque de leur propre vie. Éric Cantarutti, le représentant de la CGT du Gers exige de vraies revalorisations salariales pour ces professions. "Tous ceux qui aujourd'hui combattent le virus sont des métiers les plus fragiles, dans lesquels il y a le plus de souffrances. Je pense aux métiers de la santé, à tous les métiers du privé dans les petites entreprises, à ceux dans le commerce, toutes ces professions sur la journée du 1er mai, il faut absolument les soutenir, parce qu'ils en ont grandement besoin. Mais, je pense qu'il faut aussi prendre conscience que toutes les demandes que nous avions concernant ces métiers-là sont fondés. Et aujourd'hui, on voit bien l'utilité de toutes ces petites mains qui sont finalement très mal traités vis-à-vis de leurs traitements salariaux et du code du travail". Reportage à retrouver dans nos éditions de la matinée.